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Le pape condamne l'attentat « ignoble » de samedi près d'Alep

À l'occasion de la traditionnelle messe de Pâques, le pape François a condamné dimanche l'attentat « ignoble » qui a visé un convoi de cars aux abords de la grande ville syrienne d'Alep et fait, selon un bilan fourni par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 126 morts dont 68 enfants.

Jorge Bergoglio faisait référence à l'attaque de samedi contre des habitants qui étaient en cours d'évacuation et de transfert vers Alep, dans le cadre d'un accord passé entre belligérants.

« En ces temps, de façon particulière, qu'il [Dieu] soutienne les efforts de tous ceux qui s'emploient activement à apporter soulagement et réconfort à la population civile en Syrie, victime d'une guerre qui ne cesse de semer horreur et mort », a-t-il dit lors de sa traditionnelle bénédiction Urbi et orbi, devant des dizaines de milliers de fidèles massés place Saint-Pierre.

Devant une foule de 60 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre, le pape argentin a imploré Dieu de donner aux responsables des nations le courage d’éviter « l’expansion des conflits et d’arrêter le trafic des armes » pour en finir avec les souffrances endurées par les plus faibles.

« L'attaque d'hier est la dernière en date des attaques ignobles visant des réfugiés en fuite », a dit le souverain pontife à propos de l'attentat aux abords d'Alep, qui n'a pas été revendiqué, mais a été imputé par des médias proches du régime syrien à un kamikaze au volant d'un véhicule piégé.

Dans sa bénédiction, retransmise en mondovision par près de 160 chaînes de télévision, le pape a rappelé aux chrétiens que le « Christ ressuscité » se fait « compagnon de route de tous ceux qui sont contraints de laisser leur terre à cause de conflits armés, d'attaques terroristes, de famines, de régimes oppressifs ».

Le pape argentin a aussi espéré que Dieu « aide l'Ukraine, encore affligée par un conflit sanglant, à retrouver la concorde ».

Il a formulé le même vœu pour plusieurs conflits dans le monde, « à commencer par la Terre sainte », au Soudan du Sud, au Yémen, en Irak ou en République démocratique du Congo.

Le pape a reconnu, dans une homélie improvisée, la difficulté d'associer Dieu et la souffrance dans le monde. Il a ainsi confié avoir téléphoné samedi à un jeune homme atteint d'une grave maladie pour lui rapporter le message d'espoir de « Jésus ressuscité ».

Le jeune homme lui a alors répondu : « Oui, mais il a demandé à son fils et il a dit oui. À moi, on ne m'a pas demandé si je voulais ça ». « Cela nous émeut », a alors reconnu le pape, pour qui il faut néanmoins « parier » sur le « Christ ressuscité » même si on ne comprend pas toujours comment va le monde.

Une bénédiction sous haute surveillance

La basilique Saint-Pierre a été placée sous haute surveillance pour les célébrations de Pâques, donnant lieu au déploiement d'importantes mesures de sécurité, après les attentats il y a une semaine ayant frappé des églises chrétiennes coptes en Égypte.

Tout le quartier entourant la basilique Saint-Pierre avait été bouclé, avec plusieurs points d'accès ouverts pour permettre une première vérification des sacs.

L'accès à la place elle-même n'a été rendu possible qu'après le passage sous un portique de détection, à l'instar des mesures de sécurité prises dans les aéroports. Près d'une trentaine de portiques ont ainsi été disposés tout autour de la célèbre colonnade du Bernin entourant la place.

Des centaines de policiers et membres des forces de sécurité chargés de la surveillance des lieux étaient d’ailleurs postés autour de la place Saint-Pierre.

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