Retour

Le pape reclame un changement de système pour un « développement durable »

Le pape François a lancé un appel à la communauté internationale à se tourner vers le développement durable. Il est en visite de six jours aux États-Unis à l'invitation du président Barack Obama qu'il a rencontré ce matin à la Maison-Blanche.

Pour suivre en direct la visite du pape aux États-Unis, cliquez ici.

Après avoir serré les mains de nombreux fidèles, le pape François a prononcé un discours après avoir été chaudement accueilli par le président des États-Unis.  

« C'est un grand honneur, un privilège de vous souhaiter la bienvenue aux États-Unis », a lancé Barack Obama, lors de son discours d'accueil. Le président américain a aussi salué le rôle du pape François rôle le rapprochement diplomatique entre les États-Unis et Cuba.

À son arrivée à la Maison-Blanche, le pape a appuyé les initiatives antipollution du président Barack Obama. Le pape a aussi réclamé un changement de système pour un « développement durable et intégral » qui inclut les millions d'exclus dans le monde.

Le souverain pontife, qui entame une visite de six jours aux États-Unis, a d'ailleurs été accueilli, exceptionnellement, par le Barack Obama et sa famille à son arrivée près de Washington.

Selon l'économiste et essayiste français Édouard Tétreau, qui a participé aux réunions préparatoires de ce voyage, si le souverain pontife va célébrer au cours de sa visite les bons côtés des États-Unis, il n'est pas exclu qu'il y tienne « un discours vif » à propos de la menace que posent la finance et la technologie « si on ne les régule pas avec de la conscience ».

En entrevue à 24/60, avec Anne-Marie Dussault, lundi soir, Édouard Tétreau rappelle que pendant la crise financière, en 2008, le président américain avait dit qu'un « contrôle parental » devait être exercé sur Wall Street.

Or, « aujourd'hui, sept ans après, on peut dire que ce contrôle existe, mais c'est Wall Street qui l'exerce sur Washington, la Maison-Blanche et le Congrès, avec une puissance financière très forte sur la politique américaine », observe l'économiste.

L'une des principales critiques du « pape des pauvres » à l'égard du système capitaliste, « c'est l'idolâtrie de l'argent », dit M. Tétreau. Mais une autre des critiques que le pape François pourrait émettre, selon lui, porte sur le fait que l'argent ne circule pas suffisamment.

Le souverain pontife est très engagé, et « cela énerve beaucoup de monde », note Édouard Tétreau.

« Le pape dit clairement, par exemple, qu'il faut mettre un terme aux énergies fossiles, graduellement, mais qu'il faut y mettre un terme pour passer au renouvelable, souligne-t-il. Je note que cela n'a pas beaucoup plu à Jeb Bush, qui a dit : "moi, je ne vais pas à la messe pour écouter des questions d'économie ou de politique" ».

S'il se fait critique, le pape sera-t-il écouté des Américains? L'économiste croit que oui, en partie. « Nous parlons d'un des hommes les plus populaires aux États-Unis. Pas uniquement chez les Hispaniques, mais il y a 80 % d'opinion favorable pour le pape... Il y aura beaucoup de standing ovations au Congrès. J'anticipe beaucoup de liesses, beaucoup de ferveur. Et en même temps, du côté de l'aile dure des républicains, et peut-être de l'aile la plus conservatrice de certaines églises, il y aura des grincements de dents. »

Le pape François s'adressera demain aux deux chambres du Congrès, une première pour un pape. Il est par la suite attendu à New York et aux Nations-unies. Il présidera finalement dimanche une grande messe à Philadelphie où plus d'un million de fidèles sont attendus, après avoir rencontré des prisonniers.

Plus d'articles

Commentaires