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Le parc national Wood Buffalo, un site patrimonial menacé?

Le parc national Wood Buffalo pourrait passer de la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO à celle du Patrimoine mondial en péril, à la suite d'une demande de révision de la Première Nation crie Mikisew. Celle-ci a lancé une pétition en 2014 pour démontrer que le parc était menacé par plusieurs projets d'infrastructure.

La révision a commencé cette semaine. Si le parc est répertorié comme étant menacé, cela signifierait que le Centre du patrimoine mondial pourrait donner une aide immédiate provenant du Fonds du patrimoine mondial.

Cette liste permet aussi d'informer la communauté internationale des conditions qui menacent les caractéristiques qui ont permis l'inscription d'un bien sur la Liste du patrimoine mondial et vise à encourager des mesures correctives.

Le parc, considéré comme étant le foyer du plus grand delta d'eau douce boréale de la planète, a reçu le statut de Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983. Il existe 55 sites du Patrimoine mondial classés comme étant menacés, le parc national Wood Buffalo serait le premier au Canada.

Melody Lepine, de la Première Nation crie Mikisew, pense qu'il est urgent d'agir. « Nous pensons vraiment qu'il y a un risque que nous perdions notre delta. Les impacts d'extraction de l'eau à bas niveaux sont préoccupants, notamment à cause du risque de contamination », souligne-t-elle.

Les barrages en cause

Selon Melody Lepine, la communauté crie est confrontée à un problème d'accès à l'eau à cause de la construction des barrages.

La révision permettra d'examiner les effets de la construction de barrages sur cette zone, les effets potentiels du site C, un barrage hydroélectrique, ainsi que les impacts des projets de sables bitumineux existants et ceux prévus dans la région d'Athabasca.

En 2015, le Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO a conclu que l'examen de ces effets cumulatifs sur le parc national Wood Buffalo était justifié. Pêches et Océans Canada a toutefois donné des permis de pêche cet été afin de permettre la construction du barrage de 83 kilomètres de long sur le site C, sur le réservoir de la rivière de la Paix.

« Ils auraient dû attendre jusqu'à ce qu'ils connaissent le résultat de la révision actuelle du delta de la Paix et d'Athabasca, pour savoir les besoins écologiques », regrette Melody Lepine.

Le site C est présentement contesté en cour fédérale par deux Premières Nations de la Colombie-Britannique.

La révision réunit un comité d'experts de l'UNESCO à Fort Chipewyan, en Alberta. Ils visiteront les sites de sables bitumineux de Fort McMurray, le delta et rencontreront BC Hydro ainsi que d'autres acteurs du dossier. Ils doivent aussi travailler avec les représentants des peuples autochtones et de l'industrie pétrolière.

Le rapport sera envoyé au gouvernement canadien pour son examen final. La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, a salué la mission de suivi de l'UNESCO, vendredi.

Avec des informations de Scott Stevenson

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