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Le PDG de Cogeco appelle le Canada à « exercer son leadership moral humanitaire »

L'homme d'affaires montréalais Louis Audet estime qu'il est temps pour le Canada de reprendre son leadership moral humanitaire et appelle Ottawa à accueillir 100 000 réfugiés par an à compter de 2016.

Un texte de Maxime Bertrand

Le PDG de Cogeco veut servir de bougie d'allumage pour la communauté des affaires.

Il a d'ailleurs surpris les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en déclarant sans ambages que le Canada devait agir maintenant pour éviter d'avoir honte pour longtemps.

M. Audet a salué l'exemple de la chancelière allemande, Angela Merkel qui, selon lui, a fait preuve de courage politique en annonçant que l'Allemagne souhaite accueillir 500 000 réfugiés cette année.

À cet égard, l'engagement du gouvernement canadien de faire venir 25 000 réfugiés au Canada lui semble insuffisant.

Selon lui, le Canada « se voit présenter une occasion en or d'exercer son leadership moral humanitaire ».

« J'enjoins le nouveau gouvernement canadien à corriger cette situation déplorable et à bien communiquer à la population canadienne l'importance du rôle que doit jouer le Canada en ce qui a trait à l'aide internationale », a-t-il affirmé.

« Le Canada doit redevenir le modèle qu'il a toujours été. Il est de notre devoir de soulager la misère. Bien sûr, il nous faudra le faire avec prudence et intelligence pour minimiser les risques pour la sécurité de la population canadienne. Mais notre tradition d'accueil humanitaire doit nous inciter à prendre des risques calculés, avec le sens de l'éthique de l'urgence », a-t-il poursuivi.

Il a de plus fortement remis en question le fait que le Canada se contente de verser à peine 0,24 % de son produit intérieur brut à l'aide internationale, soit environ un tiers de la norme recommandée par l'Organisation des Nations unies.

À ses côtés, le consul général d'Allemagne à Montréal, Walter Leuchs, et le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'homme et des migrants, François Crépeau, étaient venus calmer les inquiétudes.

« On n'a pas eu un cas de risque de sécurité, ou de risque de terrorisme », a soutenu le premier.

« Ça va demander des investissements, mais il y aura des retours sur l'investissement », a affirmé le second.

Une partie de la communauté d'affaires est déjà conquise.

Le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, estime qu'il y a un réel désir de faire davantage dans le dossier des migrants.

De son côté, Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, croit que cet afflux d'immigrants pourrait combler les besoins en main-d'oeuvre.

M. Audet, qui souhaite également que le Canada soit l'hôte d'une conférence internationale sur la question des migrants, estime que le pays y gagnera au plan économique à la venue de tous ces réfugiés.

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