L'analyse d'ADN ancien de végétaux et d'animaux par des scientifiques européens permet de redessiner la voie de migration empruntée par les premiers hommes préhistoriques venus en Amérique en provenance d'Asie. Devrons-nous réécrire nos livres d'histoire?

Un texte d'Alain Labelle

La théorie largement répandue actuellement veut que les premiers peuplements de l'Amérique aient emprunté le détroit de Béring pendant la dernière grande glaciation à partir de la Russie pour se répandre dans les Amériques. Selon cette explication, ces groupements auraient effectué la traversée par un ancien corridor terrestre, entre la Sibérie et l'Alaska, libéré par le recul de deux importantes calottes glaciaires recouvrant le nord du continent.

C'était avant que le paléogénéticien danois Eske Willerslev de l'Université de Copenhague et ses collègues canadiens et britanniques décident d'analyser l'ADN d'espèces animales et végétales qui composaient l'écosystème préhistorique de ce corridor, long de 1500 km.

Ils ont ainsi pu créer une image précise montrant comment et quand la faune et la flore ont émergé dans ce passage à la suite du retrait des glaces. Ce travail exhaustif de reconstruction représente une première scientifique.

Résultats déroutants

La reconstitution telle que présentée mercredi dans la revue Nature permet d'établir que des humains ont bien pu effectuer leur traversée à partir de ce couloir il y a 12 600 ans. Toutefois, ce couloir aurait été complètement impraticable plus tôt, puisque les ressources essentielles à la survie des chasseurs-cueilleurs, telles que le bois, les plantes et les animaux, n'étaient pas disponibles encore.

La steppe n'a commencé à se former qu'il y a environ 12 600 ans, suivie rapidement par l'apparition d'animaux tels que le bison, le mammouth laineux ou le campagnol, une sorte de rongeur.

Or, des humains de la culture pré-Clovis étaient présents en Amérique au moins 1000 ans avant cette période et doivent avoir emprunté une autre route pour s'y rendre. Les auteurs des présents travaux pensent qu'ils auraient longé la côte pacifique du continent.

Cette voie était sans doute la plus rapide et permettait aux premiers hommes de se nourrir aisément en exploitant les ressources de la mer.

Les indices permettant de corroborer cette théorie sont toutefois difficiles à trouver, car le niveau de l'océan a monté d'environ 66 mètres depuis cette période, immergeant la plupart des premiers lieux côtiers d'habitation.

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