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Le populiste Duterte, surnommé le Trump de l'Est, l'emporte aux Philippines

Surnommé le « Donald Trump » de l'Est, Rodrigo Duterte a remporté l'élection présidentielle aux Philippines, selon le PPCRV, organisme de surveillance des élections de l'Église catholique, que le gouvernement a accrédité pour compiler les résultats.

Le candidat populiste a notamment promis, en campagne électorale, de tuer des dizaines de milliers de criminels pour sécuriser le pays.

L'avocat de 71 ans a séduit l'électorat de 54 millions d'électeurs en promettant d'éradiquer les deux principaux fléaux qui sévissent aux Philippines : la criminalité et la pauvreté. Il avait une avance de près de 6 millions de voix, alors qu'il restait moins de 12 % des bulletins à dépouiller. Sa principale rivale, la sénatrice Grace Poe, était en deuxième position.

Reconnu pour son ton agressif et ses méthodes musclées, Rodgrigo Duterte a été maire de la ville de Davao pendant 22 ans, où il a réussi à endiguer le crime. Davao était reconnue pour être l'une des villes les plus dangereuses des Philippines au début de son mandat, et Duterte en a fait l'une des plus sécuritaires du pays.

Aux prises avec des problèmes de gangs et de trafic de drogue, Rodrigo Duterte est accusé d'avoir éliminé de nombreux criminels pour assurer la sécurité de la population.

« Il est notamment accusé d'avoir recruté des milices armées pour aller tuer les présumés criminels et même les enfants de la rue à la faveur de l'obscurité », relate le collaborateur de Radio-Canada aux Philippines, Gabriel Lomont.

Rodrigo Duterte a promis de faire la même chose à l'échelle nationale en seulement six mois. « Oubliez les lois sur les droits de l'homme! », a lancé M. Duterte lors du dernier rassemblement de sa campagne. « Si je suis élu président, je ferai exactement ce que j'ai fait en tant que maire. »

Outre l'enjeu sécuritaire, M. Duterte se présente également comme le candidat prêt à s'opposer aux grandes familles qui dirigent le pays et qui ont la mainmise sur l'économie des Philippines.

La forte croissance économique du pays au cours des dernières années ne s'est pas traduite par une amélioration des conditions de vie de la population de 100 millions d'habitants. Environ 25 % de cette population vit toujours sous le seuil de la pauvreté, bien que le pays ait connu une croissance économique de quelque 6 % par année depuis 2010.

L'archipel est dirigé depuis 30 ans par des clans familiaux qui sont soutenus par de puissants hommes d'affaires. Le système a entraîné un accroissement des écarts de richesse sur lequel a misé Rodrigo Duterte dans sa campagne électorale.

Donnée favorite au début de la campagne, sa principale rivale Grace Poe s'était attiré la sympathie populaire parce que la commission électorale avait, dans un premier temps, refusé sa candidature.

Abandonnée à la naissance, Mme Poe a été adoptée par un acteur connu aux Philippines. La commission avait prétexté l'origine inconnue de Mme Poe pour rejeter sa candidature. Une vague de sympathie populaire lui a toutefois permis de faire reculer la commission et de se lancer dans la course à la succession du président sortant Benigno Acquino.

Fils de Corazon Aquino, figure de proue de la révolution de 1986 qui avait chassé le dictateur Ferdinand Marcos, Benigno Aquino a tenté de barrer la route vers la présidence à Duterte en lançant un appel à la population. « J'ai besoin de votre aide pour empêcher le retour de la terreur dans notre pays », a-t-il déclaré samedi à Manille.

Son dauphin, Mar Roxas, est toutefois issu d'une des familles dirigeantes des Philippines, une situation qui a miné sa campagne face au populiste Duterte.

Outre Duterte, Poe et Roxas, deux autres candidats se sont lancés dans la course à la présidence.

Dans la course à la vice-présidence, le fils de l'ancien dictateur Ferdinand Marcos - Ferdinand Marcos fils - pourrait également être élu à la vice-présidence du pays. Dans un pays où la moitié des électeurs ont moins de 30 ans, l'époque de la dictature ne constitue qu'un lointain souvenir appris dans des manuels d'histoire.

Le spectre d'un retour à la dictature est d'ailleurs évoqué par les détracteurs de Rodrigo Duterte. Ce dernier n'a rien fait pour les faire taire en promettant de se passer d'un Congrès qui « n'obéirait pas ».

Le candidat qui remporte le plus de suffrages, même sans majorité absolue, est élu président des Philippines.

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