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Le PQ prêt à une enquête sur la rémunération et les fonctions de ses employés

Un « bal des hypocrites » : voici comment le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, qualifie le comportement du Parti libéral du Québec, de la CAQ et de Québec solidaire, qui réclament une enquête sur la rémunération et les fonctions des employés de la whip du PQ, Carole Poirier.

« Ils veulent des enquêtes? On est prêts à participer à toutes les enquêtes dans la mesure où elles s’appliquent à la CAQ, à Québec solidaire et au Parti libéral », a rétorqué Jean-François Lisée vendredi, alors qu'il assistait à l'assermentation de Catherine Fournier et de Marc Bourcier, vainqueurs des élections partielles dans les circonscriptions de Marie‑Victorin et de Saint‑Jérôme.

Le cas qui préoccupe tant le Parti libéral du Québec (PLQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) que Québec solidaire est celui de Carole Poirier, députée péquiste d'Hochelaga-Maisonneuve et whip en chef de l'opposition officielle. Mme Poirier dispose de 14 employés dont cinq occupent les fonctions d'agents de liaison.

Ces agents de liaison, payés par les fonds publics, doivent avoir comme port d'attache l'Assemblée nationale ou un bureau de circonscription.

Or libéraux et caquistes et élus de Québec solidaire reprochent, d'une part, aux agents de liaison de Carole Poirier, de ne pratiquement jamais se trouver à leur port d'attache. Et ils allèguent, d'autre part, que ces derniers s'adonnent à des activités partisanes, aux frais des contribuables.

Le commissaire à l'éthique collige des informations sur cette situation et n'a pas encore indiqué s'il mènerait une enquête.

À la permanence du parti ou au Tim Hortons...

Pour Jean-François Lisée, il est normal que les agents de liaison soient sur le terrain : « Il faut qu'ils travaillent quelque part, dit-il, en donnant l'exemple de l'agent de liaison du PQ pour la région de Laval, où le parti n'a pas de députés actuellement.

Son port d'attache est techniquement à l'Assemblée nationale, mais rien ne lui interdit de travailler chez lui, du Tim Hortons ou à la permanence du Parti québécois.

Jean-François Lisée, chef de l'opposition officielle, expliquant la situation de l'agent de liaison du PQ pour la région de Laval

Toutefois, la règle parlementaire stipule que les employés d'un député doivent avoir, pour port d'attache, l'un des édifices occupé ou loué par l'Assemblée nationale ou encore le bureau de circonscription du député en question. Ce à quoi M. Lisée rétorque qu'au sens littéral, un port d'attache n'est pas un endroit où les vaisseaux restent en permanence. « Je voudrais les voir le moins possible à leur port d'attache », dit-il, consentant tout de même à dire que ces agents de liaison devraient y revenir « de temps en temps ».

« Ils [les agents de liaison] sont liés à la whip », tranche le chef du PQ.

« Des zones grises »

Alors nous on a constamment des conversations avec le secrétariat - non partisan – de l’Assemblée nationale, pour vérifier : "est-ce qu’on peut faire ci ou ça? Dire ceci ou cela?" Et ils nous le disent. Car effectivement […] il y a des zones grises. Et on se conforme toujours à ce que dit l’Assemblée.

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Jean-François Lisée reproche par ailleurs à ses adversaires du Parti libéral du Québec (PLQ), de la Coalition avenir Québec et de Québec solidaire de faire mine de s'offenser de cette situation, parlant d'« un bal des hypocrites ». Le chef péquiste prédit que dans les semaines à venir, d'autres situations de ce genre seront mises en lumière et pas seulement au PQ, mais dans les autres partis.

Par communiqué, vendredi, Carole Poirier a dit respecter les règles de l'Assemblée nationale en ce qui a trait au travail de ses employés. Elle affirme qu'au sens large, les attachés politiques - dont les agents de liaison - ne sont pas des spécialistes du travail législatif.

« Des abus de pouvoir », critique le PLQ

Le whip en chef du Parti libéral du Québec, Stéphane Billette, estime que, dans cette histoire, les actions du PQ sont « inacceptables », que ce parti fait preuve « d'un manque d'éthique flagrant » et même « d'abus de pouvoir ».

L’opposition officielle doit impérativement rembourser la totalité des salaires versés pour ses employés fantômes qui n’ont jamais mis les pieds à l’Assemblée nationale.

Stéphane Billette, whip en chef du gouvernement de Philippe Couillard

Distinction entre militantisme et travail parlementaire

Du côté de la CAQ, Éric Caire et Donald Martel ont affirmé en conférence de presse, vendredi, qu'aucun des employés de leur formation politique, payés par l'Assemblée nationale, ne se consacrait à des activités partisanes durant ses heures de travail.

Ainsi, M. Caire affirme qu'il ne tolérerait pas qu'un employé néglige de préparer ses dossiers, sous prétexte qu'il est allé travailler à la permanence de la CAQ.

Nos deux députés qui vont prêter serment aujourd’hui [Catherine Fournier et Marc Bourcier du PQ], est-ce que pendant leur campagne électorale, les gens qui travaillaient à leur élection étaient payés par l’Assemblée nationale?

Éric Caire, député de la circonscription de La Peltrie pour la Coalition avenir Québec

Éric Caire affirme qu'« un mur de feu » doit être érigé entre militantisme et travail parlementaire.

Manon Massé de Québec solidaire s'inquiète pour sa part de l'embauche récente, par le chef péquiste Jean-François Lisée, d'Évelyn Abitbol et de Paul St-Pierre Plamondon à titre de conseillers.

Manon Massé veut que la source de leur rémunération et le lieu où ils exercent leurs fonctions soient révélés.

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