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Le PQ réclame que la vente de cannabis soit contrôlée par la SAQ

Le Parti québécois (PQ) a fait part mardi de sa position sur la vente et la consommation de marijuana à des fins récréatives, en recommandant que la vente en soit confiée à la Société des alcools du Québec (SAQ) et que l'âge légal pour en acheter soit fixé à 18 ans.

Le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, a fait cette annonce en compagnie des députés de Labelle et de Berthier, Sylvain Pagé et André Villeneuve.

Pour le PQ, une filiale de la SAQ devrait avoir le monopole de la vente de cannabis et ne devrait être assujettie « à aucun objectif de rendement ». L'entièreté des profits que récolterait cette filiale irait à la promotion de saines habitudes de vie, à la prévention et à la santé publique.

Le PQ estime de plus qu'une partie des profits devrait aussi être versée aux municipalités, car ces dernières auront de lourdes responsabilités une fois que la vente et la consommation de cannabis seront légalisées au pays. Ce qui se produira d'ici le 1er juillet prochain, en vertu d'un projet de loi déposé en avril dernier à Ottawa.

« La question de l'âge est centrale » - Jean-François Lisée

Le chef du PQ a critiqué la position de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui demande, quant à elle, de porter de 18 à 21 ans l’âge légal prévu par Ottawa pour consommer de la marijuana au Québec. Aux yeux du chef du PQ, les moins de 21 ans n'auraient ainsi d'autres choix que de s'en remettre au marché noir.

En fixant l'âge légal à 21 ans, soutient Jean-François Lisée, la CAQ se dote « d'un beau slogan ». Mais un jeune de 19 ans qui veut consommer « va aller voir les Hells », a prédit le chef péquiste.

« La question de l'âge est centrale, d'affirmer le chef péquiste. Les psychologues et les neurologues nous disent que l'impact du cannabis sur le cerveau, ça va jusqu'à 25 ans et donc qu'on ne devrait pas en consommer avant 25 ans. »

« Mais là, la réalité embarque, poursuit M. Lisée. Les gens consomment du cannabis avant 21 ans [...] et de l'alcool, du tabac. »

Tout comme le PQ, Québec solidaire (QS) préconise pour le cannabis le même âge légal que pour acheter de l’alcool ou du tabac, soit 18 ans.

La SAQ a l'expertise...

En confiant la vente de cannabis à la SAQ et en dotant celle-ci de « conseillers » plutôt que de « vendeurs », on pourrait transmettre aux consommateurs l'information pertinente relativement aux effets nocifs de cette substance, selon le PQ.

La filiale de la SAQ qui s'occuperait du cannabis serait dirigée par un conseil d'administration composé de représentants des ministères de la Santé, de la Sécurité publique, de l'Éducation ainsi que des milieux communautaires et de Loto-Québec, « qui a une grande expertise » en matière de santé publique, affirme le PQ.

« La SAQ et Loto-Québec ont développé toutes deux une expertise dans une forme de vice : le jeu et l'alcool », de dire M. Lisée. Et si l'État s'en mêle, ajoute-t-il, c'est pas pour le bien public, « mais pour une raison de contrôle du crime ».

Là où la cigarette est autorisée

Enfin, le PQ recommande qu'il ne soit possible de consommer du cannabis que là où la cigarette est autorisée, soutient le député de Labelle. Sylvain Pagé cite en exemple le Colorado, où il a effectué un séjour il y a quelques mois. Bien que le cannabis soit légal dans cet État, dit-il, il n'y a senti aucune odeur de pot.

D'expliquer le chef de l'opposition officielle, la décision d'Ottawa de légaliser la marijuana place les Québécois devant « un changement social important », qui va nécessiter « un encadrement serré ».

Au printemps dernier, un sondage CROP/Radio-Canada avait illustré à quel point les Canadiens sont divisés sur la question. Et les Québécois, eux, sont beaucoup plus réticents que les habitants des autres provinces.

Une question de gros sous et de gros coûts

Dans ce virage qui est pris au pays, les provinces veulent obtenir leur juste part des revenus qui seront générés. D'autant plus que ce sont elles qui devront composer avec les enjeux liés à la distribution, la santé et la sécurité publique.

Le gouvernement du Québec, qui craint de se retrouver avec un fardeau financier, plaide pour l'imposition d'une taxe provinciale sur les ventes de marijuana suffisamment élevée pour couvrir ses frais.

Jean-François Lisée demande au gouvernement fédéral de verser au Québec l'équivalent de ce qu'il va toucher en TPS.

« La SAQ pourra chaque année faire les comptes et dire combien a été perçu en TPS », dit-il. Les revenus liés à la taxation et aux profits seraient ensuite réinjectés dans la santé publique.

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