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Le premier ministre grec Alexis Tsipras annonce sa démission  

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, confronté à une fronde de l'aile gauche de son parti, a remis jeudi soir sa démission, sept mois après sa prestation de serment, et ouvert ainsi la voie à des élections législatives anticipées.

Ce scrutin, dont il espère sortir renforcé, pourrait avoir lieu le 20 septembre, selon un responsable gouvernemental qui s'est exprimé plus tôt dans la journée.

« Le mandat que j'ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites et le peuple grec a désormais son mot à dire », a déclaré Alexis Tsipras lors d'une allocution retransmise à la télévision.

« Le Parlement actuel ne permet pas de dégager un gouvernement majoritaire ni un gouvernement d'union nationale », a-t-il dit ensuite au président, Prokopis Pavlopoulos, auquel il a remis formellement sa démission.

Le parti de gauche Syriza, la formation du premier ministre, traverse des turbulences depuis que ce dernier a conclu un accord avec les créanciers d'Athènes sur l'octroi d'un nouveau plan d'aide financière, le troisième depuis 2010, en échange de mesures d'austérité supplémentaires.

La perspective d'élections anticipées à l'automne occupait les esprits depuis plusieurs semaines, mais Alexis Tsipras a dû précipiter son calendrier après le refus la semaine dernière d'un tiers des élus de Syriza de soutenir le nouveau programme gouvernemental, le privant virtuellement de sa majorité au Parlement.

Lors de son intervention à la télévision grecque, le chef du gouvernement a défendu le compromis trouvé avec les créanciers, tout en affirmant qu'il n'était pas à la hauteur de ses propres attentes.

« Je ressens profondément la responsabilité morale et politique de remettre à votre jugement tout ce que j'ai fait, mes réussites comme mes échecs », a encore dit Alexis Tsipras à l'adresse des électeurs.

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Procédure complexe

Alexis Tsipras s'est contenté de demander au chef de l'État d'organiser les élections dans les plus brefs délais, sans donner de précisions sur la date du prochain scrutin.

« L'objectif est d'avoir des élections le 20 septembre », a-t-on dit dans la journée de source gouvernementale après une rencontre entre Alexis Tsipras, les principaux dirigeants du parti Syriza et des ministres.

La Constitution grecque prévoit une procédure relativement complexe pour l'organisation d'élections anticipées lorsque celles-ci doivent se tenir moins de douze mois après le scrutin précédent.

En théorie, Prokopis Pavlopoulos ne peut pas convoquer immédiatement un nouveau scrutin, mais doit d'abord consulter les dirigeants des autres partis pour voir s'ils sont en mesure de former un gouvernement.

Ce n'est qu'en cas d'échec de ces consultations - plus que probable compte tenu de la composition du Parlement - que des élections seront organisées.

Même si les chances sont minces de trouver une majorité dans un délai de quelques jours, le chef de file du principal parti d'opposition, Nouvelle démocratie (ND), s'est dit prêt à tenter de relever le défi.

« Je considère qu'il relève de mes obligations politiques et de ma responsabilité d'épuiser toutes les options au cas où le Parlement pourrait offrir une solution », a déclaré Vangelis Meimarakis lors d'une conférence de presse.

Tsipras reste populaire  

L'accélération du calendrier s'explique également par la volonté d'Alexis Tsipras de retourner devant les électeurs avant que se fassent sentir les effets des nouvelles mesures d'austérité promises aux créanciers.

Le chef du gouvernement peut pour l'instant compter sur une solide popularité. Syriza était crédité par un sondage le 24 juillet de 33,6 % des intentions de vote. Ce bon chiffre en fait le parti le plus puissant de Grèce, mais n'est pas suffisant pour envisager de gouverner sans des partenaires de coalition.

Après l'annonce d'Alexis Tsipras, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a dit espérer que les soubresauts de la vie politique grecque n'allaient pas remettre en cause la mise en oeuvre des mesures consenties par Athènes.

« Il est essentiel que la Grèce maintienne ses engagements envers la zone euro », a-t-il jugé dans une déclaration envoyée à Reuters par courrier électronique.

« Je rappelle que le nouveau paquet de réformes a recueilli un large soutien des députés grecs et j'espère que les élections vont permettre d'obtenir un soutien plus large encore du Parlement », a ajouté Dijsselbloem.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi qu'elle avait reçu, comme prévu, un remboursement de 3,2 milliards d'euros acquitté par la Grèce au titre de sa dette. Ce remboursement portait sur des obligations d'État parvenues à maturité.

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