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Le président allemand invite les partis au compromis afin d'éviter de nouvelles élections

Au lendemain de l'échec des négociations sur la formation d'une coalition gouvernementale tripartite, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a annoncé lundi qu'il allait consulter au cours des prochains jours les chefs de tous les partis politiques du pays. Écartant de nouvelles élections à court terme, il a lancé un appel au compromis.

Les voisins de l'Allemagne, première puissance économique européenne, seraient alarmés si la classe politique allemande se révélait incapable d'être à la hauteur de ses responsabilités, a indiqué le président Steinmeier.

L'Allemagne attend un nouveau gouvernement depuis les élections législatives du 24 septembre, qui se sont soldées par un net affaiblissement du clan conservateur constitué par la CDU de Mme Merkel et son partenaire bavarois, la CSU, et par l'entrée au Bundestag du parti d'extrême droite AfD (Alternative pour l'Allemagne, anti-immigration).

Malgré des résultats historiquement faibles, avec 246 des 709 sièges au Bundestag, la CDU et la CSU sont demeurés la plus importante force politique du pays, loin devant les sociaux-démocrates du SPD, qui en ont obtenu 153, et l’AfD, qui a fait une percée avec 94 députés. Trois autres partis se sont partagé 216 sièges.

Depuis le scrutin, Mme Merkel tente de constituer une coalition gouvernementale dite « jamaïcaine », en référence aux couleurs des trois partis concernés : la CDU/CSU (noir), les libéraux du FDP (jaune), qui font aussi un retour au Bundestag avec 80 sièges, et les verts, qui en ont 67.

Le SPD, qui a été membre de la coalition gouvernementale de Mme Merkel de 2013 à 2017, a pour sa part réitéré lundi matin, avant l'annonce du président Steinmeier, qu'il ne participerait pas à une nouvelle coalition gouvernementale, compliquant la situation d'autant.

La chancelière Merkel a pour sa part toujours exclu de s'associer à l'AfD, ce qui réduit également les options pouvant mener à la formation d'un gouvernement de coalition..

Merkel préfère des élections anticipées à un gouvernement minoritaire

Dans des entrevues accordées aux chaînes de télévision ARD et ZDF après l'annonce du président Steinmeier, la chancelière Merkel a réitéré qu'elle était « très sceptique » face à l'idée de diriger un gouvernement minoritaire. Si une coalition gouvernementale majoritaire ne peut être formée, a-t-elle dit, aussi bien reconvoquer les électeurs.

« Mon point de vue est que de nouvelles élections seraient une meilleure voie », a-t-elle affirmé. L'Allemagne a « besoin d'un gouvernement stable qui n'ait pas à chercher une majorité à chaque décision ».

Lorsqu'on lui a demandé si elle dirigerait les troupes de la CDU en cas de nouveau scrutin, elle a répondu « oui », écartant toute idée de démission ou de mise en retrait.

Interrogée sur la possibilité qu'elle tente de nouveau de s'associer au SPD pour diriger le pays, Mme Merkel est demeurée prudente, se contentant de dire qu'elle voulait attendre l'issue de la rencontre entre la direction du parti et le président Steinmeier.

Jusqu'à nouvel ordre, le gouvernement dirigé par Mme Merkel qui était en place avant le déclenchement des élections législatives du 24 septembre continue d'expédier les affaires courantes. Cette situation ne perturbe d'ailleurs pas les marchés; la Bourse de Francfort enregistrait même une légère hausse en fin d'avant-midi.

Les questions d'immigration au coeur de la discorde

Les négociations en vue d'une « coalition jamaïcaine » ont achoppé au cours des dernières heures. C'est le chef des libéraux du FDP, Christian Lindner, qui a rompu les pourparlers. Politiciens et commentateurs politiques le désignent d'ailleurs comme le grand responsable de cet échec.

Le secrétaire général de la CDU, Peter Tauber, a estimé que M. Lindner n'avait « aucune raison » de quitter la table des négociations, tandis que Reinhard Bütikofer, qui fait partie de l'équipe de négociations des verts, l'a accusé de faire de « l'agitation populiste » en adoptant des positions intransigeantes sur l'immigration.

L'un des chefs de l'AfD, Alexander Gauland, a également soutenu que le chef libéral donne « l'impression de s'être attribué les positions de l'AfD » en la matière.

M. Lindner assure pour sa part que les positions des uns et des autres demeurent très éloignées, et qu'il ne fait que se rendre à l'évidence.

Mme Merkel a fait savoir qu'elle ne s'attend pas à ce que M. Lindner revienne sur sa décision.

L'immigration est un thème central de la vie politique allemande depuis que la chancelière Merkel a décidé d'accepter un million de réfugiés dans le pays à compter de 2015.

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