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Le président du Brésil obtient suffisamment de voix pour échapper à un procès

Au Brésil, le vote des députés de la Chambre a sauvé le président Michel Temer d'un procès pour corruption.

Après plus de neuf heures de débats, les deux tiers des députés (342 sur 513) n'ont pas donné le feu vert à l'ouverture d'un procès, qui aurait eu pour effet d'écarter M. Temer du pouvoir pendant six mois.

Le vote des députés implique que cette partie de l'affaire sera classée.

Michel Temer est accusé depuis juin dernier dans une affaire de corruption impliquant le groupe alimentaire JBS.

Le procureur général Rodrigo Janot soupçonne M. Temer d'avoir reçu un total de 38 millions de réaux (environ 15 millions de dollars canadiens) du leader mondial de la viande. Le procureur a ouvert une enquête pour corruption, entrave à la justice et implication au sein d'une organisation criminelle.

Un autre chef, d'entrave à la justice, devrait être porté contre Michel Temer d'ici la fin du mois, ce qui conduirait à un autre vote sur son évincement.

L'impopulaire chef d'État espère enterrer ce scandale qui paralyse son gouvernement et mettre en œuvre des réformes économiques destinées à tirer le pays de la récession.

Une mince marge pour gouverner?

L'opposition concédait que la mise en accusation de Michel Temer représentait une gageure.

« Il est très difficile de rassembler 342 votes », déclarait le député socialiste Rubens Bueno, dont le parti a quitté la coalition présidentielle après l'annonce du nouveau scandale de corruption visant le président brésilien.

« S'il n'obtient pas une majorité confortable, son gouvernement va devenir instable », estimait-il au téléphone.

M. Temer a multiplié les tractations ces derniers jours pour éviter une destitution, moins d'un an après celle de sa prédécesseure Dilma Rousseff pour manipulation des comptes publics.

Le président n'a pas ménagé ses efforts ces dernières semaines pour s'assurer du soutien d'une majorité de députés. Des ministres ont été réquisitionnés pour aller voter à la Chambre, et de nombreuses, et coûteuses, faveurs auraient été accordées à des députés.

La plupart des députés ayant voté contre l'ouverture d'un procès ont mis en avant la nécessité de mettre en place ces mesures, notamment la réforme des retraites, dont l'examen au Parlement est au point mort en raison de la crise politique.

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