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Le président par intérim de la Commission des droits de la personne démissionne

Le président par intérim de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Camil Picard, a démissionné de toutes ses fonctions, jeudi, après que La Presse eut révélé qu'il aurait fait l'objet d'une enquête pour de présumées agressions sexuelles contre une personne, survenues dans les années 80.

Selon le quotidien, M. Picard aurait fait l'objet d'une enquête de la police de Québec, qui aurait remis un dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales. Aucune accusation n'a toutefois été portée contre lui.

Camil Picard a réagi jeudi en fin d’après-midi par voie de communiqué et affirme n'avoir rien à se reprocher.

« L'article me concernant […] m'oblige à réaffirmer avec force et détermination mon innocence, comme je l'ai fait en 2007 alors que je faisais l'objet d'une enquête policière. J'avais alors pleinement collaboré avec la police de Québec. Bien qu'un dossier ait été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, aucune accusation formelle n'a été déposée. C'est, je crois, une démonstration qu'aucun acte répréhensible n'a été commis », a-t-il déclaré.

M. Picard a apporté des précisions concernant la poursuite civile dont il a été l’objet.

Il a confirmé qu’il quittait toutes ses fonctions au sein de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Il dit qu’il a choisi de devancer son départ, qui était prévu en septembre prochain, afin de ne pas être une source de distraction pour cette institution.

Camil Picard a indiqué qu’il n'accorderait aucune entrevue.

Des faits troublants

Dans un impromptu de presse jeudi matin, la ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée, a annoncé que M. Picard avait démissionné du poste de président par intérim, mais pas de son poste officiel, celui de vice-président jeunesse de l'organisme. Cette seconde démission n'a été confirmée qu'un peu plus tard.

La ministre a dit ne pas avoir parlé à M. Picard depuis que les allégations ont été publiées, et n'a donc pas été en mesure de dire s'il reconnaît les faits qui lui sont reprochés.

C'est le secrétariat aux emplois supérieurs, dont M. Picard relève, qui est en contact avec lui, a-t-elle précisé.

M. Picard sera remplacé de façon intérimaire à la présidence de la CDPDJ par Philippe-André Tessier, qui était l'un des deux vice-présidents de l'organisme. Sa nomination a été entérinée jeudi matin par le Conseil des ministres, a indiqué Mme Vallée.

Des questions sur les vérifications de sécurité

La ministre de la Justice a admis que les vérifications de sécurité faites avant que M. Picard ne soit nommé vice-président de la CDPDJ, en 2013, « n’ont pas fait ressortir cette situation », mais sans pouvoir expliquer pourquoi.

Mme Vallée a toutefois refusé de porter un jugement sur ce processus de vérification avant que la lumière ne soit faite sur ce qui s'est produit dans le cas de M. Picard.

« Parfois, il peut survenir une situation particulière, il peut y avoir une erreur dans un dossier, ce qui n’entache pas le processus pour l’ensemble des dossiers », a-t-elle fait valoir.

Un resserrement réclamé

La députée caquiste de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, croit pour sa part que ces vérifications de sécurité « doivent être resserrées et revues par le gouvernement ».

La CDPDJ était déjà dans la tourmente, après que des employés eurent accusé la présidente en titre, Tamara Thermitus, d'abus d'autorité et de mauvaise gestion.

Cette dernière est partie en congé de maladie en octobre, une semaine après que la ministre Vallée eut demandé à un vérificateur externe de faire toute la lumière sur la crise qui secouait l'organisme.

C'est à ce moment que M. Picard a été appelé à la remplacer par intérim.

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