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Le prix de l'appui des verts à un gouvernement minoritaire

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, espère obtenir la balance du pouvoir si un gouvernement minoritaire est élu le 19 octobre prochain, mais quel serait le prix de son appui?

Un texte de Mylène Crête

Dans une entrevue aux Coulisses du pouvoir, Elizabeth May révèle qu'elle ferait de la réforme du mode de scrutin l'une des conditions principales de son appui à un gouvernement minoritaire.

« C'est clair que nous avons besoin d'un changement du mode de scrutin vers un vote proportionnel, explique-t-elle. C'est aussi absolument essentiel pour les verts que la loi C-51 soit abrogée et de réduire le pouvoir du bureau du premier ministre. »

Ces demandes risquent d'être reçues différemment selon le parti qui formerait un tel gouvernement minoritaire. Le vote proportionnel et l'abrogation de la loi anti-terroriste sont des positions que partage aussi le Nouveau Parti démocratique. Le Parti libéral veut également abandonner le système majoritaire uninominal à un tour, mais sans s'avancer sur le mode qui le remplacerait. Il veut aussi adopter des amendements pour modifier la loi antiterroriste et non l'abroger.

Priorité climat

La demande prioritaire du Parti vert serait toutefois liée à la conférence de Paris sur le climat qui débutera seulement 42 jours après l'élection du prochain gouvernement fédéral, ce qui lui donnera peu de temps pour se préparer.

Elizabeth May espère que son parti pourra jouer un rôle dans ces négociations qui doivent mener à un accord contraignant pour lutter contre les changements climatiques.

Un objectif ambitieux

Elizabeth May s'est fixé pour objectif de faire élire 12 députés. C'est le seuil minimum pour qu'un parti soit reconnu au sens de la Loi sur le Parlement, ce qui lui donne droit à des indemnités additionnelles et à du financement pour un bureau de recherche.

Son parti comptait deux députés à la dissolution de la Chambre au début du mois d'août. « La balance du pouvoir est possible avec seulement un député, remarque-t-elle. C'est clair que nous allons avoir plus que ça. Douze, c'est mon rêve. Plus que douze, c'est mieux. »

Il lui reste trois semaines pour démontrer aux électeurs que le Parti vert n'est pas le parti d'une seule cause comme elle l'a souligné lors du lancement de sa campagne électorale. « Nous ne sommes pas seulement "écolo" », répète-t-elle.

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