Les plaidoiries finales sont terminées au procès du sénateur Mike Duffy. La décision dans ce dossier qui sera rendue le 21 ou le 22 avril sera suivie de près, tant par les autorités policières que par d'autres sénateurs. 

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

De tout le scandale des dépenses au Sénat, le cas de Mike Duffy a clairement été le plus médiatisé. Le sénateur, ancienne étoile des troupes conservatrices à la chambre haute, fait face à 31 chefs d'accusation de fraude, d'abus de confiance et de corruption.

Pendant son plaidoyer final, l'avocat de Mike Duffy, Donald Bayne, a affirmé que son client était innocent sur toute la ligne. 

Selon la défense, le sénateur s'est fait imposer le remboursement de ses dépenses injustifiées par l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper. 

Toujours selon l'avocat, Mike Duffy n'a pas mal agi en touchant des dizaines de milliers de dollars en allocation de logement. Le sénateur a déclaré que sa résidence principale était à l'Île-du-Prince-Édouard, alors qu'il vivait dans la région d'Ottawa depuis des dizaines d'années. 

Donald Bayne avance également que son client n'est pas coupable d'avoir utilisé des fonds publics pour des voyages à des fins personnelles ou partisanes.

Selon la défense, la faute est attribuable au manque de clarté dans les règles du Sénat.

La stratégie de Donald Bayne est suivie de près par l'avocat du sénateur Patrick Brazeau. Son client devra subir un procès, probablement en 2017. Dans son cas, il est aussi question d'allocations liées au logement. 

La GRC s'intéresse au procès

Au palais de justice d'Ottawa, un agent de la Gendarmerie royale du Canada a assisté au procès de Mike Duffy. Il faut dire que d'autres sénateurs sont dans la mire des autorités et que le procès Duffy pourrait influencer le travail de la police. Mais lorsque questionné sur le dossier mardi, le commissaire de la GRC, Bob Paulson, a préféré ne pas commenter.

Des sénateurs veulent passer à autre chose

Certains membres de la chambre haute ne cachent pas leur volonté de tourner la page sur l'épisode Duffy. « C'est certain que tous les sénateurs ont très hâte que cela soit derrière nous et qu'on travaille avec des règles claires », a dit le sénateur indépendant Pierre-Hugues Boisvenu.

Au cours des dernières années, des modifications ont été apportées aux règles du Sénat pour éviter qu'un scénario semblable à celui de Mike Duffy ne se reproduise. 

N'empêche certains croient que malgré les efforts, la réputation de la chambre haute a été entachée.

Pour Pierre-Hugues Boisvenu, il faudra constamment continuer de mettre à jour les règlements du Sénat. « C'est un peu comme le Code criminel. Même si on a un Code qui est parfait, il y a toujours des gens qui vont réussir à passer par une craque quelque part », explique-t-il.

Au cours des prochaines semaines, des détails pourraient être dévoilés par le Comité permanent de la régie interne, des budgets et de l'administration du Sénat sur l'adoption d'un nouveau modèle de divulgation des dépenses.

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