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Le projet Énergie Est vu comme une bouée de sauvetage au Nouveau-Brunswick

Des manifestants armés de pancartes. Ils ne sont pas opposés à la construction du pipeline dans leur province, le Nouveau-Brunswick. Ils la réclament.

Un texte de Marc Godbout

L'image tranche avec ce qui se passe au Québec, où les conséquences environnementales potentielles du projet suscitent méfiance et opposition. Au Nouveau-Brunswick, pour des milliers de chômeurs, Énergie Est devient plutôt le pipeline de l'espoir.

Tous les jours, la branche néo-brunswickoise de l'Union internationale des journaliers d'Amérique du Nord (UIJAN) reçoit des appels de ses membres qui veulent savoir où en est rendu le projet de TransCanada. Environ les trois quarts d'entre eux n'ont pas de travail et, pour l'instant, rien ne bouge.

Le portrait est presque similaire d'un syndicat à l'autre. « Ça fait 16 ans que je travaille pour le syndicat, je n'ai jamais vu la situation qu'on vit aujourd'hui », explique France Godbout, de l'UIJAN.

Le promoteur prévoit que 3700 emplois seront créés en moyenne annuellement sur une période de neuf ans. C'est dans ce contexte que Transcanada trouve plus facilement des alliés ici.

À Saint-Jean, par exemple, où le promoteur tenait récemment une soirée d'information sur le projet, une trentaine de chômeurs brandissaient des affiches faisant la promotion d'Énergie Est.

Séduire le Nouveau-Brunswick semble moins compliqué ici pour Transcanada que dans la province voisine, le Québec.

Une économie anémique

Avec une économie au neutre, le Nouveau-Brunswick cherche à éviter un séisme financier. Pas étonnant que le premier ministre Brian Gallant et son gouvernement soient parmi les plus grands partisans d'Énergie Est.

Le Nouveau-Brunswick traîne une dette qui atteindra les 13,5 milliards de dollars l'an prochain. Cela en fait l'une des provinces les plus endettées par habitant au pays.

À court de revenus, le gouvernement libéral a annoncé dans son récent budget une hausse de 2 % de sa taxe de vente et supprimé 1300 emplois dans la fonction publique.

Brian Gallant mise sur Énergie Est pour stimuler l'économie à court terme.

Au moment où le gouvernement cherche à redresser les finances publiques, ses plus récentes prévisions n'annoncent pas d'embellies avant 2020.

Le poids de la famille Irving

Le pipeline de TransCanada terminerait sa route à Saint-Jean, où se trouve la plus grande raffinerie au Canada, celle d'Irving Oil.

Pour l'instant, 90 % du pétrole qui y est transformé provient des marchés étrangers.

TransCanada et Irving prévoient construire un terminal maritime d'exportation dont ils seraient copropriétaires, des installations destinées au chargement des navires-citernes.

Tout le monde sait au Nouveau-Brunswick que l'apport de la famille la plus influente de l'Atlantique est loin de nuire, au contraire.

Selon lui, les Irving sont généralement discrets, mais ils jouent souvent la même carte en coulisse, « une menace subtile qu'ils vont aller ailleurs. Ils ne vont jamais ailleurs, mais c'est parce qu'ils reçoivent toujours ce qu'ils demandent ».

Attente sur fond de frustration

Dans un parc industriel de Saint-Jean, des bouts de pipeline fournis par TransCanada doivent servir à la formation d'ouvriers pour la construction de l'oléoduc.

Ils sont nombreux à y voir un trésor et pour les chômeurs, il n'y a rien de plus frustrant que de voir ces gros tuyaux accumuler la rouille.

Mais pour que le projet aille de l'avant, le pétrole devra passer par le Québec.

Selon Sylvain Lévesque, qui cherche du travail, TransCanada doit en faire plus pour convaincre les opposants.

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