Retour

Le propriétaire du chien qui a tué Christiane Vadnais poursuivi au civil

Le propriétaire du chien qui a tué Christiane Vadnais dans l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles en juin dernier, Franklin Junior Frontal, sera poursuivi au civil par la famille de la victime.

En entrevue à Radio-Canada jeudi matin, la sœur de la victime, Lise Vadnais, soutient que sa nièce a pris cette décision après que le Directeur des poursuites criminelles et pénales eut décidé cet automne de ne pas déposer d'accusations criminelles contre lui.

« Pour nous, c’est clair qu’il était conscient de la dangerosité de son chien », a-t-elle indiqué. « S’il ne peut pas être accusé de négligence criminelle, ça veut dire qu’il n’arrive absolument rien à cette personne-là. Pour nous, ça ne fait pas de sens. »

Il n’a même pas eu une tape sur les doigts! Il n’a pas d’amende, pas de travaux communautaires. Il n’a aucune accusation. Alors lui continue sa vie comme si de rien n’était, alors que c’est un drame épouvantable qui est arrivé chez nous.

Lise Vadnais

Selon Mme Vadnais, Franklin Junior Frontal était « très conscient » que son chien était dangereux ». Le chien avait déjà attaqué des humains, argue-t-elle, et son propriétaire lui mettait d’ailleurs une muselière en présence d’étrangers à la maison.

« Pour être accusé de négligence criminelle, il faut que tu aies été avisé d’une situation dangereuse et que tu n’aies pas remédié à la situation », explique la sœur de la victime qui a été attaquée par le chien dans la cour arrière de sa résidence.

« Lui disait qu’il avait remédié [à la situation] parce que, quand son cousin venait à la maison – ou j’imagine d’autres personnes -, il mettait une muselière à son chien », poursuit-elle. Selon Mme Vadnais, le propriétaire a agi de la sorte après que le chien eut attaqué ce même cousin.

Ça fait tellement pas de sens que tu es obligé de mettre une muselière à ton chien à la maison quand quelqu’un arrive chez vous, et après ça le chien est dehors, "lousse" toute la journée. Parce que c’est ce qu’on entendait des voisins.

Lise Vadnais

Le rapport de la nécropsie effectuée sur le chien qui a tué Christiane Vadnais par deux vétérinaires pathologistes de l’Université de Montréal – et dont La Presse a obtenue copie – confirme qu'il s'agit bel et bien d'un pitbull, qu’il n’était pas malade et qu’il avait une muselière au cou lors de l’attaque.

Pour Lise Vadnais, il n'y a aucun doute que les pitbulls sont extrêmement dangereux. Dans cette affaire, déplore-t-elle, « tout le monde essaie toujours de trouver des excuses : "Ah, ce n’était peut-être pas un pitbull, il était peut-être malade"... Nous on n’arrête pas de dire que ce n’était pas le cas. »

Elle espère maintenant que l’enquête du coroner sur la mort de sa sœur qui est toujours en cours recommandera l'interdiction des pitbulls, comme l’a décidé la Ville de Montréal dans un règlement adopté après la mort de Christiane Vadnais.

Elle presse en outre le gouvernement du Québec d'agir pour encadrer les chiens dangereux. « J’espère qu’ils vont se prononcer dans le même sens, et j’espère qu’ils vont le faire très bientôt. Je trouve que ça traîne », dit-elle.

« On a droit comme être humain, on a droit pour nos enfants aussi qu’ils soient en sécurité. On n’a pas besoin de cette race de chien dans notre société », plaide-t-elle.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine