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Le Protecteur du citoyen veut se rapprocher des Autochtones

Des agents de liaison pourraient inciter les Autochtones à faire davantage appel aux services du Protecteur du citoyen, a suggéré mercredi celle qui occupe le poste, Marie Rinfret, lors des audiences de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec.

Un texte d’Anouk Lebel

L'idée de doter les communautés autochtones d'agents de liaison avait déjà été évoquée par le Commissaire à la déontologie policière, Marc-André Dowd, lors des audiences de la Commission à Val-D’Or, en octobre.

Le Protecteur du citoyen, qui examine les plaintes concernant des ministères ou des organismes relevant du gouvernement du Québec, y travaille également, a indiqué Mme Rinfret.

Ces agents permettraient « d’avoir des relations plus directes avec les parties plaignantes, de briser la barrière de la langue et d’apprendre à mieux se comprendre sur le plan de la culture », a-t-elle expliqué.

Elle souhaite d'ailleurs rencontrer des représentants des Premières Nations et des Inuits pour pouvoir établir « une relation de confiance ». Des formations doivent d’abord être organisées pour que son équipe puisse mieux connaître leurs réalités, a-t-elle dit.

Il n'existe pas de données sur les plaintes reçues par des personnes autochtones, puisque le Protecteur du citoyen ne demande pas l’origine ethnique des plaignants.

« Nos interventions découlent souvent de signalements qui proviennent de personnes non autochtones, comme une travailleuse sociale ou un agent correctionnel », a toutefois remarqué Mme Rinfret. « C’est ce qui me fait dire qu’on est peu connus de la part des communautés autochtones. »

C’est par exemple une plainte d’un agent correctionnel qui a mené le Protecteur du citoyen à enquêter sur les conditions de détention « inhumaines » des Inuits dans quatre villages du Nunavik en 2015, a expliqué l’adjoint administratif au Protecteur du citoyen, Me Robin Aubut-Fréchette.

Plus de 25 personnes peuvent s’entasser dans les six cellules du poste de police à Puvirnituq, où les règles élémentaires de propreté et d'hygiène sont systématiquement bafouées, concluait le rapport paru en 2016.

Depuis, le Protecteur du citoyen suit de près la situation, notamment en ce qui concerne la construction de nouveaux lieux de détention, que le ministère de la Justice a indiqué pouvoir terminer au plus tôt en 2019, a rapporté Me Aubut-Fréchette.

« Il faut que les partenaires fassent les appels d’offres à temps pour commander les matériaux du sud », a-t-il dit, soulignant que les recommandations visaient à ce ce qu'ils soient prêts « le plus rapidement possible. »

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