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Le public présent pour rendre hommage à Jean Lapierre, « l'homme du peuple »

Des dizaines de dignitaires ont assisté aux funérailles de Jean Lapierre, samedi à Montréal. Mais il y avait aussi de nombreux membres du public : des auditeurs, des téléspectateurs ou des Internautes qui avaient pris l'habitude de le voir, de l'écouter ou de le lire pour mieux comprendre la vie politique d'ici.

Un reportage de Bahador Zabihiyan

Gaétane Lalonde-Lafortune est une des nombreuses personnes à laquelle Jean Lapierre a pu expliquer dans ses chroniques ce qui se passait dans les coulisses du pouvoir. « C'était un soleil radieux », dit-t-elle. De ses interventions, elle se souviendra de son talent d'orateur qui la faisait souvent sourire.

Elle a tenu à se déplacer pour rendre hommage à Jean Lapierre. L'église accueillait 700 invités triés sur le volet, mais la famille a permis à 50 membres du public présents tôt le matin sur le parvis d'assister à la cérémonie dans l'église.

Malheureusement, Mme Lalonde-Lafortune et son mari Réjean Lafortune n'ont pas pu rentrer. Ils ont donc écouté la cérémonie sur le parvis de l'église, grâce à un système de son installé pour l'occasion.

« Ça c'est un peu déplorable », affirme Réjean Lafortune, qui aurait voulu assister à la cérémonie à l'intérieur. Mais au-delà de cet imprévu, ce qui le désole le plus, c'est le décès tragique de M. Lapierre, dont les chroniques l'ont aidé à façonner sa pensée politique. Un homme proche du peuple et authentique, dit M. Lafortune qui avait eu l'occasion de croiser le personnage à une reprise. « Ce qui va nous manquer, c'est sa profondeur », dit-il.

Certains voulaient aussi aider, à leur manière, la famille de M. Lapierre et de sa conjointe Nicole Beaulieu à surmonter cette tragédie. Ainsi, Mme Wan a écrit un poème en sa mémoire.

« Je suis venu ici, je viens d'écrire un poème ici, pour résumer sa vie et sa mort. Tantôt, je voulais le donner à sa famille, pour encourager tout le monde », explique-t-elle.

Elle n'a tout de fois pas pu le remettre. C'est que le dispositif policier était imposant, notamment à cause de la présence du premier ministre Justin Trudeau. Mais elle a tenu à rester sur le parvis pour écouter la cérémonie, une autre manière pour elle de rendre hommage à M. Lapierre et sa femme.

Difficile de trouver quelqu'un au Québec qui ne connaît pas Jean Lapierre. Carole est un de ceux-là. « Moi, je ne connaissais pas vraiment Monsieur Lapierre, mais il était connu de tout le monde, on a tellement entendu parlé de M. Lapierre, on s'est dit : on va aller faire une marque de respect », explique cette résidente d'Outremont.

Elle s'est par ailleurs dit impressionnée par une si forte présence de dignitaires.

Tout ceci a donné lieu à un important déploiement policier à Outremont. Toutes les rues autour de l'église étaient barrées. Des dizaines de policiers surveillaient les alentours. Et deux policiers étaient même postés bien en vue sur le toit de l'immeuble abritant la boulangerie en face de l'église, scrutant la foule avec des jumelles.

En bas de l'édifice commercial, sur la terrasse, des clients prenaient leur café, en écoutant grâce aux haut-parleurs les discours rendant hommage au chroniqueur, tout en parlant de politique.

Une question revenait souvent dans les discussions des membres du public, autour du parvis. Qui pourra remplacer Jean Lapierre dans le monde médiatique québécois?
Et à presque à chaque fois, le même genre de réponse. « On n'aura plus jamais quelqu'un comme ça », résume M. Lafortune.

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