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Le quart des victimes d'homicide sont des Autochtones

Près du quart des victimes d'homicide au Canada en 2014 étaient autochtones, et ce, malgré le fait qu'ils représentent à peine 5 % de la population.

Ce sont les chiffres révélés mercredi par Statistique Canada.

Parmi les provinces canadiennes, c'est le Manitoba qui détient le triste record : deux victimes d'homicide sur trois dans cette province sont autochtones.

Le nombre de femmes autochtones victimes de meurtre est resté relativement stable alors que le taux d'homicide chez les femmes non autochtones n'a cessé de chuter.

Les femmes autochtones représentent 21 % des femmes assassinées.

C'est Thunder Bay qui détient la première position pour le plus haut taux d'homicide, toutes catégories confondues : la ville du nord-ouest ontarien devance Winnipeg, qui a un taux d'homicide trois fois moins élevé que Thunder Bay.

Des leaders autochtones pas surpris

Dawn Harvard, la directrice de l'Association des femmes autochtones du Canada, affirme que ces statistiques confirment ce qu'elle dit depuis quelque temps : les femmes autochtones sont ciblées.

Le nombre élevé d'hommes autochtones parmi les victimes d'homicide au pays ne l'a surprend pas non plus.

Toutefois, Dawn Harvard ne croit pas nécessairement que ce constat doit changer le mandat de l'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, promit par le premier ministre Justine Trudeau. Elle juge que différents facteurs pourraient être en jeu.

« Quand les femmes déménagent dans les villes, en raison de la pauvreté, elles se retrouvent dans des quartiers et des circonstances qui ne sont pas sécuritaires et elles n'ont pas les moyens de s'en sortir » explique Mme Harvard, en ajoutant qu'elles sont aussi victimes de discrimination de la part des policiers.

Elle espère que l'enquête va démontrer que les autochtones souffrent de discrimination et de racisme systémique.

Disponibilités des statistiques

Dans le passé, Statistique Canada ne pouvait préciser l'identité des victimes d'homicides en raison de considération des services policiers sur la vie privée. À la suite de préoccupations croissantes au pays sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, les services policiers ont changé leur politique afin de pouvoir identifier les autochtones victimes ou responsables d'homicides dans l'Enquête sur l'homicide de Statistique Canada.

En 2013, la GRC a demandé à Satistique Canada de collaborer afin d'offrir les données historiques sur la nature et l'ampleur des meurtres de femmes autochtones, ce qui a permis la rédaction de son rapport Les femmes autochtones disparues et assassinées : Un aperçu opérationnel national.

Depuis la parution du rapport, les services policiers du pays ont commencé à rapporter l'identité autochtone des victimes et des accusés des deux sexes à Statistique Canada.

 

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