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Le racisme envers les Autochtones, un problème généralisé dans l’armée canadienne 

Un rapport préliminaire, dont CBC a obtenu copie, révèle des manifestations persistantes de racisme envers les Autochtones membres de l'armée canadienne.

Le document a été préparé par le Groupe consultatif des Autochtones de la Défense, qui a questionné 230 Autochtones. Seuls 16 d’entre eux ont répondu, signalant une quarantaine d’incidents.

Malgré ce faible taux de réponse, le groupe considère que le problème est suffisamment important pour réclamer une enquête indépendante ajoutant que de nombreux incidents ne seraient pas signalés par crainte de représailles.

« Nous sommes fermement convaincus qu'il existe un problème systémique au sein du ministère de la Défense nationale (MDN) et des Forces armées canadiennes (FAC).

Tiré du rapport préliminaire du Groupe consultatif des Autochtones de la Défense

« Ce problème serait répandu dans les rangs de l’Armée de Terre, de l'Air et de la Marine, et ces allégations seraient suffisamment sérieuses pour demander une enquête rapide », peut-on également lire dans le document remis au lieutenant-général Marquis Hainse, au printemps dernier.

L’enquête indépendante réclamée serait semblable à celle menée par la juge à la retraite Marie Deschamps sur des allégations d'inconduite sexuelle dans l'armée.

Son rapport, rendu public en avril 2015, concluait que l'inconduite sexuelle était « endémique » au sein des Forces armées. Quelques mois plus tard, le chef d'état-major de la Défense, Jonathan Vance, lançait l'opération Honneur pour mettre un terme aux comportements inappropriés dans l'armée.

Des exemples flagrants d’abus d'autorité

Un militaire autochtone n’a pas eu le droit d’assister à la cérémonie du nom, une tradition sacrée pratiquée à la naissance d’un enfant, son supérieur alléguant que sa religion n’était pas reconnue par l’armée.

Un autre raconte avoir été traité de « dirty wagon burner » et de « squaw » et avoir été appelé « Tonto ». Rien n'aurait été fait malgré ses plaintes répétées.

L’ex-soldate inuite Esther Wolki, soutient avoir été traitée comme un « déchet » par ses supérieurs alors qu’elle était en poste sur la base des Forces canadiennes (BFC) Shilo au Manitoba.

Le rapport avance que les agresseurs ne sont pas embêtés puisque certaines victimes autochtones choisissent de quitter l’armée, comme l'a fait Esther Wolki.

Malgré des enquêtes tenues à la suite d’allégations de racisme, de harcèlement et d'agression sexuelle, rien n'aurait été fait pour mettre un terme à ces comportements qualifiés d’« assez troublants et indubitablement inexcusables » par l’auteur du rapport.

L'ombudsman militaire offre son aide

« Tout cas de [discrimination] est extrêmement grave », a déclaré l'ombudsman militaire Gary Walbourne. Il estime que les comportements racistes doivent cesser rapidement, notamment s'ils sont aussi répandus que le laisse croire le rapport du Groupe consultatif des Autochtones de la Défense.

Je suis fâché de constater que nos membres qui ont signé un contrat mettant en jeu leur vie au nom des forces ont à vivre ce type de comportement.

Gary Walbourne, ombudsman des Forces armées canadiennes et du ministère de la Défense nationale

Le bureau de l’ombudsman dit être prêt à aider les militaires autochtones et pourrait même mener sa propre enquête si l'un d'eux dépose une plainte officielle.

Le rapport préliminaire du Groupe consultatif des Autochtones de la Défense arrive au moment où l'armée canadienne tente de recruter et de conserver des membres autochtones.

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