Retour

Le réchauffement climatique menacerait la souveraineté alimentaire

La Fondation David Suzuki craint que les changements climatiques ne menacent la souveraineté alimentaire du Québec. Dans un rapport publié lundi matin, l'organisation s'inquiète que des spéculateurs accaparent les terres agricoles de la province, dont la valeur pourrait grimper avec un accroissement de la saison de production provoqué par le réchauffement de la planète.

À l'échelle mondiale, les changements climatiques devraient entraîner une raréfaction des terres agricoles, notamment en raison de sécheresses, note le rapport de la Fondation. Le Québec serait cependant moins touché que d'autres régions de la planète. Avec de l'eau en abondance et une augmentation de la température moyenne, les terres de la province pourraient en fait devenir l'objet de convoitise.

« Ce qui va se produire, c'est que la saison de culture s'allonge avec le réchauffement. Certaines cultures, comme le soja ou le maïs, vont pouvoir être cultivées plus longtemps. Ça va être avantageux. Pour d'autres, peut-être moins. Mais relativement, on s'en tire mieux que le reste du monde », explique le directeur général de la Fondation David Suzuki pour le Québec, Karel Mayrand.

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

« Si on combine l'effet des changements climatiques, et le fait que certains pays, certains investisseurs, veulent investir dans la valeur de refuge qu'est la terre, si on laisse ça se produire et que, tranquillement, ils viennent gruger des parties de nos terres, on pourrait se retrouver dans 30 ans avec un Québec où les terres appartiennent à des étrangers ou à des groupes financiers d'ici, mais qui vont vendre aux plus offrants, pas à la population du Québec en premier »

Selon M. Mayrand, l'achat de terres agricoles par des spéculateurs et des investisseurs étrangers pourrait menacer la souveraineté alimentaire du Québec. « On pourrait se retrouver dans une situation complètement absurde où on aurait des terres parmi les meilleures dans le monde, mais [qui] serviraient à nourrir le reste de la planète avant nous », avance-t-il.

Pour empêcher ce scénario, la Fondation David Suzuki demande au gouvernement Couillard de modifier la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles afin de créer une société d'État qui pourrait acheter des terres mises en vente avant les groupes financiers, avant de les remettre sur le marché, en ayant une préférence pour des producteurs québécois.

« C'est un modèle qui existe ailleurs dans le monde et qui permet des limites. On ne dit pas qu'il ne faut pas qu'il y ait d'investisseurs du tout, on dit qu'il ne faut pas que ça devienne la norme dans le futur », indique M. Mayrand. « Ce n'est pas nécessairement quelque chose qui coûterait très cher à réaliser. »

Le secteur agricole représente près de 10 % du produit intérieur brut du Québec et plus d'un emploi sur dix.

Avec les informations d'Olivier Bachand

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine