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Le récit de l'incendie de L'Isle-Verte en photos

Le 23 janvier 2017 marque le troisième anniversaire du tragique incendie qui a ravagé la Résidence du Havre à L'Isle-Verte et causé la mort de 32 personnes âgées. Retour en images sur un événement qui a endeuillé toute une communauté et qui a suscité d'importantes remises en question.

Un texte d'Édith Drouin

L'incendie se déclare un peu après minuit à la Résidence du Havre. Les flammes sont attisées par les forts vents et embrasent rapidement la plus vieille partie du bâtiment. Des résidents appellent à l'aide, mais les premiers répondants ont du mal à les évacuer en raison de l'intensité du brasier. La résidence abrite alors une cinquantaine de personnes, qui sont pour la plupart semi-autonomes. La copropriétaire de la résidence et un préposé de nuit sont sur les lieux.

L’incendie est finalement maîtrisé en cours d’avant-midi. La petite communauté de L’Isle-Verte est sous le choc. De nombreuses personnes sont sans nouvelles de leurs proches. La Sûreté du Québec fait état de trois morts et d’une trentaine de disparus.

Pompiers et policiers s'affairent dans les décombres dans l’espoir de retrouver des dépouilles dans les jours suivant le drame. Le froid glacial complique leur travail. À certains endroits, l’épaisseur de la glace atteint les 30 centimètres.

Après une messe plus intime pour les proches des victimes, les portes de l’église de L’Isle-Verte s’ouvrent à tous. Un millier de personnes s'y déplacent pour rendre hommage aux défunts, dont des politiciens de l'époque, comme le premier ministre du Canada, Stephen Harper, et la première ministre du Québec, Pauline Marois.

Une centaine de pompiers et de policiers poursuivent toujours les recherches. Le bilan des victimes se fait au compte-goutte. Lorsqu’ils quittent les lieux, 11 jours plus tard, les policiers font état de 32 victimes. Trois corps n'ont jamais pu être identifiés formellement.

Après un temps, la tempête médiatique s’essouffle et se détourne des Isle-Vertois. Ils peuvent maintenant commencer leur deuil et se souvenir de leurs proches, des personnes au passé riche en expériences.

En août, quelques centaines de personnes assistent au dévoilement de deux plaques commémoratives ornées de 52 noms : ceux des 32 victimes, mais aussi ceux des 20 survivants de l'incendie. Les élus présents rappellent la nécessité de ne pas oublier la tragédie. Une annonce est d’ailleurs attendue quant à la tenue d’une enquête publique.

Quelques heures à peine après le drame, plusieurs personnes s'interrogent déjà sur le rôle du chef des pompiers, Yvan Charron, et du préposé de nuit, Bruno Bélanger, dans le cours des événements. Le chef pompier n’aurait pas demandé des renforts assez rapidement et le préposé n'aurait ni saisi un extincteur, ni alerté les résidents.

À la demande de Québec, une Commission d’enquête est déclenchée en novembre 2014. Le coroner veut établir les circonstances de la tragédie et mieux en définir les causes, qui sont toujours inconnues. Le manque d’organisation des pompiers et l’absence de gicleur dans une partie de la résidence font toutefois déjà couler de l’encre.

Le couperet tombe le 12 février 2015. Dans son rapport, le coroner Cyrille Delâge critique les opérations des pompiers et déplore un personnel insuffisant et mal formé. Selon lui, des personnes non autonomes n'auraient pas dû être logées dans une section de la résidence sans gicleurs automatiques. Il fait plusieurs recommandations pour corriger la situation.

Trois ans plus tard, le site de l’ancienne Résidence du Havre demeure une cicatrice au coeur de la municipalité de L’Isle-Verte. Les retombées de la Commission d’enquête sont mitigées, des organismes déplorent la lenteur des changements relatifs à la sécurité dans les résidences de personnes âgées dans l'immédiat. Un progrès est toutefois observé dans la formation des pompiers. Aucune accusation criminelle n’est portée en lien avec l’incendie.

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