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Le recours aux banques alimentaires du pays encore en hausse

Le nombre de personnes qui ont reçu des denrées auprès des organismes d'aide alimentaire a crû de 1,3 % à travers le pays en 2016, pour un total de 863 492 personnes aidées.

Le recours à une telle aide a explosé depuis la crise économique de 2008, avec un bond de près de 28 % depuis cette année difficile au Canada.

Le rapport est publié alors qu'au Québec, le gouvernement de Philippe Couillard vient de faire adopter le projet de loi 10, qui coupe de près du tiers la prestation de certains assistés sociaux. Ainsi, les nouveaux demandeurs d'aide sociale qui refusent de faire des démarches d'emploi verront leur prestation de base mensuelle passer de 623 $ par mois à 399 $.

Or, les banques alimentaires insistent sur le fait qu'une grande partie des Canadiens qui ont recours à leurs services touchent justement une aide gouvernementale, « ce qui est un gage marquant du faible soutien qu'offrent ces programmes ». De fait, 45 % des ménages qui se tournent vers les banques alimentaires sont des bénéficiaires de l'aide sociale.

Le besoin inacceptablement élevé de recourir aux banques alimentaires [...] est le résultat de perturbations économiques à court terme et du fait qu'à long terme, les gouvernements ne fournissent pas de formes de soutien adéquates.

Le réseau Banques alimentaires Canada, dans son rapport

Les auteurs évoquent un « tableau alarmant » qui se dessine dans plusieurs régions. Selon les données colligées, les hausses de demandes sont frappantes dans l'Ouest, notamment en Alberta (+17,6 %) et en Saskatchewan (+17,5 %) – des provinces grandement affectées par la chute du prix du pétrole –, mais aussi au nord, dans l'ensemble des territoires (+24,9 %), et en Nouvelle-Écosse (+20,9 %). La situation au Québec n'est pas rose non plus, avec une augmentation de la fréquentation des banques alimentaires de 5,4 % depuis l'an dernier.

Les enfants constituent 36 % des Canadiens épaulés par les organismes d'aide alimentaire.

Des politiques utiles

Dans son rapport, Banques alimentaires Canada salue certaines initiatives du gouvernement de Justin Trudeau, dont la création de la nouvelle Allocation canadienne pour enfants (ACE) et les importants investissements pour la rénovation des logements sociaux.

« Certes, ces changements ont des incidences positives, mais cela dit, les constatations du Bilan-Faim de cette année nous font comprendre qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine », peut-on lire dans le document.

« Il faut changer complètement notre approche pour résoudre les problèmes liés à la pauvreté, à la faim et à la sécurité », estime Shawn Pegg, l'un des directeurs du réseau Banques alimentaires Canada.

Au lieu de décider s’ils vont manger des côtes levées ou des ailes de poulet [certains] doivent décider s’ils vont s’acheter de la nourriture ou payer leur loyer. Personne ne devrait avoir à faire un tel choix.

Le réseau Banques alimentaires Canada, dans son rapport

Le directeur général du réseau des Banques alimentaires du Québec, Zakary O. Rhissa, souligne que la hausse du coût des denrées alimentaires a été particulièrement dramatique cette année. « Les sacs de chou-fleur et de brocoli à presque 6 $, ça, c'est quelque chose qu'on n'avait pas vu par le passé », dit-il.

Le rapport s'appuie sur les données de 4140 organismes de distribution de denrées ou de repas aux quatre coins du Canada. Les informations sont recueillies chaque année au mois de mars.

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