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Le scandale des données Facebook préoccupe le commissaire à la vie privée du Canada

Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada a annoncé qu'il communiquera avec le réseau social Facebook pour savoir si les données d'utilisateurs canadiens ont pu être compromises par une application créée par une entreprise employée par l'équipe de Donald Trump lors de la campagne présidentielle de 2016.

« Notre bureau communiquera avec Facebook pour savoir si les renseignements personnels des Canadiens ont été touchés par les questions soulevées dans ces enquêtes [menées par les quotidiens The New York Times et The Observer]. Cela nous aidera à déterminer les prochaines étapes possibles », a annoncé lundi dans un communiqué le commissaire Daniel Therrien.

M. Therrien a également mentionné qu'il offrira son aide dans le cadre de l'enquête lancée par les autorités britanniques à propos de l’utilisation des données de plus de 50 millions d’utilisateurs de Facebook.

Le commissaire Therrien estime que ces informations soulèvent de graves préoccupations, et que les réponses offertes par Facebook permettront de déterminer, s'il y a lieu, les prochaines étapes à suivre dans cette affaire.

Interrogé lundi sur la possible fuite, le ministre canadien de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a affirmé que son gouvernement prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger l'intégrité du système démocratique au Canada.

« Lorsqu'un enjeu comme cela survient, nous devons le prendre très, très au sérieux, nous assurer que nous avons les faits et réagir en fonction [de ceux-ci] », a-t-il déclaré à Ottawa.

Un lien avec la campagne Trump

Durant la campagne pour la présidentielle américaine de 2016, l’équipe de Donald Trump a engagé la société d'analyse de données Cambridge Analytica afin qu'elle conçoive une application initialement présentée comme un test de personnalité.

En réalité, ce logiciel a servi à prédire les résultats et à influencer les votes de la campagne en récoltant les données des utilisateurs, telles que leurs activités et leur liste d’amis, à leur insu.

Depuis, Facebook a annoncé avoir suspendu Cambridge Analytica et le groupe SCL (Strategic Communication Laboratories) qui lui est affilié.

L'entreprise a toutefois « nié fermement » ces accusations. « Ces données Facebook n'ont pas été utilisées par Cambridge Analytica dans le cadre des services fournis à la campagne présidentielle de Donald Trump » et aucune « publicité ciblée » n'a été réalisée « pour ce client », a affirmé lundi Cambridge Analytica.

L’industrie de l’utilisation des données personnelles

Cette affaire révélée par le lanceur d’alerte canadien Christopher Wilye pose de sérieuses questions en matière de protection de la vie privée.

Dans une entrevue à ICI RDI diffusée lundi, un ancien officier de la sécurité informatique au ministère de la Défense nationale, Steve Waterhouse, a dénoncé « un manquement à l’éthique ».

« C’est une industrie de l’utilisation d’informations personnelles », a ajouté M. Waterhouse.

Or, le vice-président des opérations mondiales de Facebook, Justin Osofsky, a réfuté le fait qu’il y avait eu une atteinte à la protection des données.

« Aleksandr Kogan [le créateur de l’application] a demandé et obtenu l'accès aux informations des utilisateurs qui ont choisi de s'inscrire à son application, et toutes les personnes impliquées ont donné leur consentement », a déclaré M. Osofsky.

Facebook perd son chef de la sécurité

Le responsable de la sécurité des systèmes d'information de Facebook, Alex Stamos, quitte le groupe, a rapporté lundi le New York Times en citant d'anciens et d'actuels collègues au fait de ce départ.

Son départ fait suite à des désaccords internes sur l'attitude de Facebook face à la propagation de fausses nouvelles, précise le NYT.

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