Le bilan du tremblement de terre qui a secoué le centre de l'Italie en pleine nuit mercredi s'établit maintenant à au moins 159 morts et 368 blessés, sans compter de nombreux disparus, possiblement prisonniers des décombres.

C'est le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, qui a livré ce sombre bilan, mercredi soir, lors d'une conférence de presse donnée à Rieti, près de la zone dévastée. Il avait précédemment rencontré des secouristes et des survivants à La Marche, une des municipalités les plus touchées avec Accumoli, Amatrice, Arquata del Tronto et Pescara del Tronto.

« Il y a encore tant de gens sous les décombres, tant de disparus, et malheureusement, ce chiffre pourrait évoluer », avait déclaré un peu plus tôt la porte-parole de la protection civile italienne, Immacolata Postiglione.

L'épicentre du séisme était situé à une profondeur de 4 km près de la ville de Norcia, dans la région de l'Ombrie. La ville touristique est, quant à elle, située à quelque 140 km au nord-est de Rome.

La secousse, qui s'est produite à 3 h 30, heure locale, était d'une magnitude de 6, selon l'Institut italien de géologie, et de 6,2, selon l'Institut américain de géologie (USGS).

Les secouristes ont eu du mal à se rendre à Amatrice et à y acheminer de la machinerie pour fouiller les décombres dans cette région montagneuse où les routes sont maintenant couvertes de débris. Secouristes et citoyens ont commencé à creuser les décombres à l'aide d'excavatrices, de pelles et même à mains nues afin d'extirper des sinistrés des décombres.

De nombreuses équipes de secours ont fini par atteindre les villages dévastés par le séisme et sont à pied d'oeuvre.

Des dégâts ont été signalés dans les régions de l'Ombrie et du Latium.

Les autorités italiennes ont fait appel à l'armée et une somme de 343 millions de dollars [235 millions d'euros] a été débloquée pour venir en aide à la région dévastée. Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, doit se rendre sur les lieux de la catastrophe naturelle au cours de la journée.

La France a déjà offert son aide à l'Italie pour surmonter l'épreuve.

« La situation est encore plus affreuse que nous le pensions » le maire d'Amatrice

Des images aériennes d'Amatrice montrent des quartiers entiers qui sont dévastés. « La ville a disparu aux trois quarts », a lancé le maire de la commune, Sergio Pirozzi, sur les ondes de RAI.

Des hélicoptères font des allers-retours à Amatrice puisque le principal accès routier est fermé, le pont menant à la ville étant trop endommagé pour s'y aventurer. La seule route qui demeure ouverte est une petite route sinueuse qui traverse les montagnes. C'est pourquoi des hélicoptères transportent des secouristes et du matériel, en plus d'évacuer les blessés les plus graves vers des centres hospitaliers de la région.

L'hôpital d'Amatrice a été fermé parce qu'une partie de l'immeuble s'est effondrée et qu'une autre a été fragilisée par le séisme.

Le maire d'Accumoli, Stephano Petrucci, a indiqué à la télévision publique RAI que plusieurs bâtiments avaient subi des dégâts importants.

Un couple de personnes âgées a également été tué dans l'écroulement de leur maison à Pescara del Tronto, dans la région des Marches, voisine de l'Ombrie.

Un résident du village d'Arquata, à 25 km de Norcia, a indiqué à la télévision italienne que plusieurs bâtiments avaient été détruits. « Les habitants sont bloqués sur la place centrale, beaucoup de bâtiments se sont écroulés », a-t-il déclaré.

Bien que située au coeur du séisme, la ville de Norcia ne déplore aucune perte de vie humaine ni de blessé grave. « Les structures antisismiques de la ville ont tenu, a indiqué le maire de Norcia, Nicola Alemanno. Le patrimoine historique et des bâtiments ont été endommagés, mais nous n'avons pas de blessés graves. »

À Rome, de fortes secousses ont réveillé les habitants de la capitale. Les meubles ont tremblé et la lumière a vacillé dans une grande partie du centre de l'Italie.

L'Institut italien de sismologie a enregistré 150 répliques dans les 12 heures qui ont suivi la première secousse, qui était selon lui de magnitude 6. La plus puissante a atteint 5,5, une heure après le premier séisme.

« Les séismes de cette magnitude, et dont l'épicentre est situé à cette profondeur, sur notre territoire, provoquent généralement des effondrements d'immeubles, ce qui peut se traduire par des pertes de vie », a déclaré le responsable de la protection civile italienne Fabrizio Curcio.

En 2009, un séisme de magnitude 6,3 avait fait plus de 300 morts à L'Aquila, une ville située à un peu plus de 50 km au sud de la zone dévastée aujourd'hui.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine