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Le spectre du terrorisme revient hanter la présidentielle en France

Placée sous le régime de l'état d'urgence depuis les attentats du 13 novembre 2015, la France doit se rendre aux urnes dimanche pour le premier tour de l'élection présidentielle. L'attentat de jeudi, survenu en plein coeur de Paris, et revendiqué par l'EI, est venu teinter la fin de la campagne présidentielle.

La chef du Front national, Marine Le Pen, a appelé le président socialiste sortant, François Hollande, qu’elle a qualifié de « notoirement défaillant », à un « ultime sursaut » afin de prendre une série de mesures pour assurer une « réponse sécuritaire plus globale ».

Candidate de l’extrême droite, Mme Le Pen avait déjà durci le ton de son discours sur la sécurité et l'immigration en début de campagne dans une tentative de séduction des indécis.

Dans la foulée de l’attentat des Champs Élysées, Marine Le Pen a demandé au gouvernement de rétablir immédiatement les frontières françaises afin d’accroître la sécurité de ses citoyens. Elle souhaite éliminer l’espace Schengen qui permet les déplacements sans passeport au sein de l’Europe.

Dans un communiqué, elle demande au gouvernement et aux autorités judiciaires de prendre en charge les dossiers de tous les individus connus pour « leur adhésion à l’idéologie de l’ennemi » qui se trouvent sur le territoire français.

Elle réclame l’expulsion de tous les étrangers identifiés comme des islamistes radicaux et demande que les citoyens français embrassant la même idéologie soient poursuivis en justice.

« Ce combat pour la sécurité et la liberté sera le mien » - Fillon

De son côté, le candidat de la droite, François Fillon, a martelé que le combat contre « le totalitarisme islamique » constituerait la priorité de son mandat s’il est élu.

« Voilà plusieurs années que j'affirme que nous sommes confrontés à un totalitarisme islamique. Je n'ai cessé d'alerter le gouvernement et mes compatriotes sur l'ampleur et la profondeur de ce totalitarisme », a-t-il souligné lors d'une déclaration à son quartier général de campagne.

« Ce combat pour la sécurité et la liberté sera le mien, a-t-il déclaré. Ma politique étrangère sera ciblée en priorité sur la destruction de l'État islamique (EI). »

La droite et l'extrême droite accusent régulièrement la gauche de laxisme dans la lutte antiterroriste.

« Je serai [...] implacable pour vous protéger » - Macron

Le centriste Emmanuel Macron a appelé pour sa part à ne pas céder « à l'instrumentalisation qui serait d'utiliser la peur », tout en estimant que « nous vivrons durablement avec la menace terroriste ».

« Il nous revient d'être pleinement lucides sur la portée de cet acte. La volonté des terroristes est de déstabiliser le pays, de l'atteindre dans ce qu'il a de plus fondamental au moment où les Français s'apprêtent à décider de leur avenir », a-t-il dit, dans une déclaration à son quartier général de campagne à Paris.

« Je serai [...] implacable pour vous protéger. L'action diplomatique et militaire que j'entends conduire aura pour priorité votre sécurité », a-t-il poursuivi.

L’ancien ministre de l'Économie du président socialiste François Hollande appelle à ne pas « céder à quelque surenchère pour répondre à l'événement tragique qui endeuille notre pays ».

Le candidat socialiste Benoît Hamon a pour sa part dénoncé une « sordide surenchère politique ».

Mme Le Pen et MM. Fillon et Macron ont annulé leurs dernières activités de campagne qui devaient se terminer à minuit, vendredi soir. Seul M. Mélenchon a maintenu un « apéro insoumis » vendredi soir à Paris.

Il estime qu’il faut « démontrer que les violents n'auront pas le dernier mot contre les républicains ».

Le premier ministre français Bernard Cazeneuve a accusé Marine Le Pen d’« instrumentaliser » l’attentat de jeudi afin d’« alimenter la peur ».

Mme Le Pen cherche « à instrumentaliser pour diviser, à alimenter sans vergogne la peur à des fins exclusivement politiciennes », a-t-il poursuivi.

M. Cazeneuve a également reproché à M. Fillon d'avoir supprimé, lorsqu'il était premier ministre, les postes de policiers qu'il exige aujourd'hui. Il « préconise la création de 10 000 postes de policiers ».

« Comment croire sur ce sujet un candidat qui, lorsqu'il était premier ministre, en avait supprimé 13 000 dans les forces de sécurité intérieure? » s'est interrogé le chef du gouvernement français.

Le président américain, Donald Trump, a quant à lui indiqué que l'attentat des Champs Élysées « aura un gros effet » sur l'élection présidentielle française. De son côté, l'Iran a condamné l'attentat tout en critiquant la politique de l'Occident pour ses « concessions » faites aux « terroristes criminels » en Syrie.

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