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Le système de paye Phénix conçu pour générer des erreurs, selon un rapport des ressources humaines

Selon un document obtenu par CBC, le système de paye Phénix, qui cause des maux de tête depuis presque deux ans au gouvernement et aux fonctionnaires, a été « délibérément élaboré » pour effectuer un certain nombre de tâches, qui ont mené à une cascade d'erreurs.

Le rapport de juin 2017, intitulé Les problèmes de Phénix identifiés par les RH, a été produit par le bureau du directeur des ressources humaines du gouvernement et obtenu en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Le document identifie une série de problèmes récurrents entre le système de rémunération et les ressources humaines, qui ont mené à des erreurs majeures dans la paye des fonctionnaires fédéraux.

En ce qui concerne les nouveaux employés, « Phénix a été "délibérément élaboré" pour les rémunérer au taux le plus bas, plutôt qu'au montant indiqué sur leur lettre d'embauche », remarque le rapport.

Cette pratique valait pour « chaque nouvel employé occasionnel ou temporaire, chaque nouvel employé nommé pour une période indéterminée, les étudiants et les employés transférés dans un nouveau ministère ou organisme ».

Ces travailleurs reçoivent une paye erronée, et ce, jusqu'à ce qu'un conseiller modifie manuellement cette rémunération, un processus qui peut « prendre beaucoup de temps, surtout au Centre des services de paye », selon le rapport.

Fin novembre, le gouvernement fédéral a déclaré que 551 000 réclamations financières et non financières ont été faites en lien avec le système de paye Phénix. Elles touchaient environ 156 000 fonctionnaires, soit plus de la moitié des effectifs.

L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), le syndicat qui représente une majorité d'employés fédéraux, estime que ces révélations sont inquiétantes.

Le rapport soulève également des préoccupations au sujet des données manquantes, incomplètes et incorrectes causées par Phénix, soulignant que « ces données inexactes ont des répercussions sur les rapports produits par le gouvernement »

« Ce qui est le plus frustrant pour les travailleurs [au centre de rémunération du gouvernement fédéral] à Miramichi, c'est que lorsqu'ils essaient de corriger une partie des erreurs, autre chose ne fonctionne plus et c'est presque comme un effet domino », a déploré Chris Aylward.

De son côté, Services publics et Approvisionnement Canada rappelle qu'il embauchera 300 conseillers au début de 2018 « pour continuer à augmenter la capacité du centre de paye ».

Mais c'est trop peu, trop tard, pour l'AFPC. « Nous chercherons certainement à obtenir des compensations pour les dommages causés et nous ne nous arrêterons pas là. Nous devons continuer nos actions », lance Chris Aylward.

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