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Le tableau interactif en classe, ça change quoi?

Depuis quelques années, les enseignants des écoles publiques utilisent les tableaux numériques interactifs. Radio-Canada est allé voir ce qu'en pensent les enseignants et les élèves à la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe.

Un texte de Marie-France Bélanger à Désautels le dimanche

Les enseignants

Depuis trois ans, Mylène Bessette, enseignante de sixième année à l'école primaire Douville, ouvre chaque matin son tableau numérique interactif. Une grande surface blanche, combinée à un projecteur et à un portable.

Le TNI lui permet de préparer ses cours sur son portable. Une fois en classe, elle n'a qu'à projeter le contenu, alors qu'avant, elle aurait dû tout écrire à la craie sur le tableau vert. À son avis, c'est maintenant plus facile de varier son enseignement, grâce à des images, à des vidéos et à l'accès à Internet.

Alexandra Bertrand, enseignante de sixième année, apprécie également l'outil, notamment pour sa « propreté ». Fini la poussière de craie qui la forçait à placer son bureau bien loin du tableau vert. Avec le tableau interactif, le bureau a repris sa place à l'avant de la classe, souligne-t-elle.

À la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, le TNI est présent, non seulement en classe, mais aussi dans quelques gymnases! Dans l'extrait vidéo ci-dessous, l'enseignant Harold Fillion l'utilise dans sa classe d'éducation physique, à l'École Plein-Soleil de Sainte-Hélène-de-Bagot.

Pour voir cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Un virage technologique

Avant le programme des TNI, les écoles publiques étaient plutôt mal équipées en matière d'outils technologiques. Pour Claude Elmoznino, conseiller pédagogique à la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, l'arrivée du TNI a permis aux enseignants de prendre le virage technologique grâce au portable qui l'accompagne. Écoutez-le dans l'extrait ci-dessous.

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Les élèves

La majorité des élèves interrogés dans le cadre de ce projet apprécient le TNI, notamment pour le support visuel qu'il procure. Plusieurs observent toutefois que bien des enseignants éprouvent des problèmes techniques. Écoutez-les dans l'extrait ci-dessous.

Pour écouter les témoignages des enfants sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Le TNI toujours sous-utilisé

« Le TNI peut créer des situations d'apprentissage stimulantes. Mais il faut vraiment que ce soit l'élève qui en soit l'utilisateur. Or, la plupart du temps, l'élève est passif et regarde ce qui se passe au tableau », observe Christine Hamel, professeure agrégée à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval.

Thierry Karsenti, professeur à l'Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche sur les technologies en éducation, vient de publier une étude sur le sujet, réalisée auprès de milliers d'élèves et d'enseignants. Il observe, comme d'autres, que l'interactivité n'est pas au rendez-vous dans la plupart des classes. Écoutez-le dans l'extrait ci-dessous.

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Selon Thierry Karsenti, il aurait été plus judicieux, dans bien des cas, de doter les classes de simples projecteurs branchés à un portable, une solution moins coûteuse.

Le manque de formation

Le programme de tableaux du gouvernement prévoyait environ 12 millions de dollars sur cinq ans, pour la formation et l'accompagnement des enseignants.

« Si on divise ce montant par cinq années et par le nombre d'enseignants, on en arrive à [...] 25 $ par année. Ce n'est pas avec ça qu'on peut prévoir une formation », déplore Robert David, professeur à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal.

Si le manque de formation constitue un frein à l'utilisation du plein potentiel du tableau, les pépins informatiques sont également un problème pour bien des profs. Pour Caroline Dorval, enseignante de français au secondaire à l'École Fadette, à Saint-Hyacinthe, les ennuis techniques se produisent très régulièrement.

Il faut se laisser du temps, disent les experts interrogés sur le sujet. Mais il faut aussi accompagner les enseignants dans cette démarche d'appropriation et d'apprivoisement du TNI. « Sinon on reste un peu dans ses pantoufles, et on peut rester en mode projection tout le temps », précise Catherine Houle, conseillère pédagogique à l'intégration des technologies à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, à Montréal.

« On est dans une longue transition », dit Thérèse Laferrière, directrice du Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire à l'Université Laval.

Des choix bien différents au privé

Les écoles privées du Québec, qui n'avaient pas accès à la subvention pour faire l'acquisition de TNI, ont fait des choix bien différents. En fait, il est plutôt rare de voir des écoles privées où chaque classe est munie d'un TNI, précise Normand Brodeur, coordonnateur des services à l'enseignement à la Fédération des établissements d'enseignement privés.

Le Collège Jean-de-Brébeuf, par exemple, ne compte qu'un seul tableau interactif pour sa vingtaine de classes au secondaire. « Je l'ai offert aux professeurs, encore une fois en mai dernier. Mais je n'ai eu aucune demande », souligne le directeur général de l'établissement, Michel April.

L'école Alex Manoogian, qui va de la maternelle à la 2e secondaire, n'a que deux tableaux interactifs. Le directeur général, Sébastien Stasse, a préféré acheter des portables et des tablettes, pour mettre les outils directement entre les mains des enfants.

Ailleurs au Canada et dans le monde

Le programme de tableaux interactifs du Québec se démarque à l'échelle canadienne. Aucune autre province n'a choisi d'investir une somme comparable à celle du gouvernement québécois pour équiper toutes les classes des écoles publiques de TNI.

En Colombie-Britannique et en Ontario, par exemple, les commissions scolaires ont fait leurs propres choix technologiques en fonction des besoins du milieu.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Doter toutes les classes du Québec de tableaux interactifs, au coût de 240 millions de dollars, était-il une bonne décision? Faites-nous part de vos commentaires ci-dessous.

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