Une atmosphère de guerre froide règne de plus en plus en Europe. Les exercices militaires de l'OTAN sont plus nombreux dans des pays voisins de la Russie, une présence vue comme une menace par Moscou, qui à son tour exhibe sa force militaire. État des lieux.

Raymond Saint-Pierre

  Un texte de Raymond Saint-Pierre

Les États-Unis ont inauguré le 12 mai un système de défense antimissile à Deveselu, en Roumanie, et entreprennent maintenant d'en construire un autre en Pologne.

Pour l'OTAN et les autorités américaines, ces systèmes visent à protéger l'Europe contre des États voyous, surtout du Moyen-Orient, comme l'Iran. On insistait, au cours de l'inauguration, pour souligner le fait que ces missiles ne visaient en aucun cas la Russie.

Multiplication des exercices militaires

Mais Vladimir Poutine, lui, croit que c'est bel et bien la Russie qui est visée. Il s'engage à déployer des armes capables de répondre à cette menace.

Le ton monte alors que l'OTAN multiplie les manoeuvres militaires dans des pays voisins de la Russie, des pays qui faisaient partie du bloc soviétique : 

  • En Géorgie, l'exercice militaire Noble Partner (noble partenaire, en français) est vu comme une provocation par la Russie.
  • En Estonie, l'opération Spring Storm (tempête du printemps, en français) va se dérouler durant trois semaines sur la mer Baltique. Le Canada y participe.
  • En Pologne, 25 000 soldats participeront au mois de juin à l'exercice AnaKonda, d'une ampleur sans précédent. Le Canada y sera aussi.

De plus, au cours d'un sommet de l'OTAN, les 8 et 9 juillet, en Pologne, les leaders occidentaux doivent approuver le déploiement d'une force «  en rotation  » de 4000 hommes dans les pays baltes et probablement en Pologne. On dit en «  rotation  » parce que si ces troupes étaient basées en permanence près de la Russie, ce serait une violation d'un accord OTAN-Russie.

Du côté de l'OTAN, on dit vouloir rassurer les pays voisins de la Russie, inquiétés par l'implication russe dans le conflit en Ukraine.

La Russie de Vladimir Poutine voit tout cela comme un défi, une menace de l'OTAN dans son arrière-cour, dans sa zone d'influence.

Frictions en mer Baltique

Des deux côtés, on joue avec le feu. Ces dernières heures, des avions britanniques interceptaient trois avions de transport russe, au-dessus de la mer Baltique.

Au cours des dernières semaines, l'OTAN a dénoncé le fait que des avions russes ont, à plusieurs reprises, frôlé des navires de guerre et des avions américains qui patrouillaient dans la même région.

Lors du défilé du 9 mai soulignant la victoire contre les nazis, la Russie a fait une démonstration de sa force militaire. Le budget de la Défense a été considérablement augmenté, même si le pays connaît des difficultés financières qui l'obligent à serrer la ceinture.

La Russie va déployer trois nouvelles divisions sur son flanc ouest, pour faire face au projet de l'OTAN d'envoyer ces quatre bataillons supplémentaires, en rotation, en Europe.

On est loin de l'apaisement.

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