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Le train électrique doit être mieux arrimé au réseau de métro, selon Équiterre

Trois organismes de défenses des intérêts publics québécois accueillent favorablement le projet de Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt, à la condition que la fréquence des passages, les heures de service et l'étendue du réseau soient suffisantes pour en assurer l'efficacité.

Dans leur mémoire déposé au BAPE, ils posent quatre conditions avant de lui donner leur appui.

Vivre en Ville, Équiterre et le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec (RNCREQ) proposent ainsi de mieux arrimer le REM au réseau de métro de Montréal, de prendre des mesures de mitigation pour contrer l'étalement urbain, de l'intégrer dans une vision globale du transport collectif et de relancer des projets de transport collectif montréalais.

Les organismes demandent notamment que le REM soit raccordé aux stations de métro McGill et Édouard-Montpetit et que soit prolongée la ligne orange vers le secteur Bois-Franc pour augmenter l'achalandage du train électrique et justifier l'investissement.

Ils estiment que, sans cet arrimage au système de transport collectif, il serait injustifié d'investir autant d'argent et d'efforts dans la construction des branches nord-ouest du projet.

Ils précisent que cette portion du REM constitue les deux tiers du circuit du train pour moins de la moitié des usagers.

Ils ajoutent que le REM doit être maximisé, puisqu'il monopolisera le tunnel sous le mont Royal au détriment d'autres projets de transport potentiels.

Contrer l'étalement urbain

Vivre en Ville, Équiterre et le RNCREQ ajoutent que l'État doit s'assurer de contenir l'étalement urbain que le REM pourrait encourager.

Les organismes expliquent que l'étendue du réseau et l'implantation de plusieurs parcs de stationnements incitatifs pourraient inciter des gens à s'établir de plus en plus loin des grands centres urbains.

Le rapport des organismes recommande d'améliorer :

  • La protection du territoire agricole;
  • Le cadre de planification rigoureux;
  • La limitation du nombre de places de stationnement incitatif;
  • Le soutien à la consolidation des premières couronnes de banlieue.

Bonifier le transport collectif partout au Québec

Le projet doit également s'intégrer dans une « vision globale et ambitieuse du développement du transport collectif partout au Québec », selon le rapport du trio d'organismes. Ces derniers craignent que le REM ne draine la totalité des énergies et du financement disponibles pour le transport collectif québécois.

Bien que le projet soit structurant à leurs yeux, ils estiment qu'ils ne desservira que les usagers d'une partie de la région de Montréal et qu'il ne changera rien dans la vie de la majorité des Québécois.

Vivre en Ville, Équiterre et le RNCREQ soulignent que le REM ne soulagera pas les usagers du transport en commun qui s'entassent dans des véhicules du transport en commun qui sont  bondés et dont les heures de services demeurent insuffisantes.

Le regroupement propose d'utiliser « les centaines de millions de dollars qui s'entassent aujourd'hui dans le Fonds vert grâce au marché du carbone ».

Ne rien oublier

Le rapport du collectif réclame également la relance de plusieurs projets montréalais qui sont paralysés depuis plusieurs années, comme le prolongement de la ligne bleue et la réalisation d'un réseau de tramway pour le centre-ville de Montréal.

L'investissement dans le REM n'est acceptable qu'à condition que ces autres projets reçoivent également leur feu vert et les moyens de leur réalisation.

« Un projet d'une telle envergure, dont la réalisation prévoit du reste une forte implication financière publique, ne peut être porté par un promoteur indépendant, avance le rapport. L'État, à travers ses différents ministères et organismes, ne doit pas seulement être consulté : il doit être coporteur et, à ce titre, répondre de la prise en compte de l'intérêt collectif dans ce projet majeur », concluent les trois dirigeants des organismes.

Le BAPE a entrepris la deuxième phase de ses consultations publiques, lundi à Montréal, et le projet a essuyé la critique de plusieurs dépositaires de mémoire. L'Union des producteurs agricole et la Fondation David Suzuki ont notamment exprimé leurs inquiétudes.

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