Après six mois d'absence, le travail de rue sera de retour à Mont-Tremblant. Les municipalités, entreprises et organismes de la région ont mis l'épaule à la roue pour engager une nouvelle ressource. Une bonne nouvelle, selon le comptoir alimentaire local, parce que les gens dans le besoin sont de plus en plus nombreux dans la région.

Un texte de Francis Labbé

Le travailleur de rue est un intervenant qui a pour mission d'abord d'établir un lien de confiance avec des personnes qui vivent en marge de la société. Ensuite, il les accompagne vers les services dont les plus démunis ont besoin. Il peut s'agir d'écoute, d'accompagnement vers les services sociaux, de transport ou même de cuisine à l'occasion.

L'automne dernier, l'organisme l'Écluse des Laurentides avait dû interrompre son service de travail de rue à Mont-Tremblant, faute de financement. « Nous avions besoin de la participation financière de la Ville de Mont-Tremblant et nous avons essuyé quelques refus. Mais maintenant, c'est reparti et c'est une très bonne nouvelle », explique la directrice de l'Écluse des Laurentides, Émilie Rouleau.

La Ville de Mont-Tremblant a remis un chèque de 18 000 $ à l'Écluse, qui a aussi reçu des sommes de municipalités avoisinantes et d'organismes du milieu. En tout, plus de 50 000 $ ont été réunis, à l'initiative du député de Labelle, Sylvain Pagé.

En augmentation

Le revenu médian dans la MRC des Laurentides s'élève à 29 300 $. C'est 16 000 $ de moins que celui de la MRC Thérèse-de-Blainville, située plus au sud. Le nombre de familles à faible revenu est aussi parmi les plus élevés des Laurentides. Et le nombre de personnes dans le besoin semble augmenter, selon la directrice générale de l'organisme La Samaritaine, qui vient en aide aux plus démunis.

« Notre aide au comptoir alimentaire a presque doublé en deux ans », explique Caroline Dumouchel, de La Samaritaine. « Nos paniers de Noël ont augmenté. Nous desservons environ 50 000 personnes par année. De plus, le visage de la pauvreté change. Il y a de plus en plus de gens âgés et de gens qui sont malades qui ont beaucoup de frais associés à leur maladie. Nous avons vraiment besoin de notre ressource en travail de rue », affirme Mme Dumouchel.

« Passer le chapeau »

« Nous sommes là aussi pour aider les plus démunis, et la Ville est fière d'investir dans le projet », explique Roxanne Lacasse, conseillère municipale de Mont-Tremblant. « Ce ne sont pas seulement que des riches que l'on retrouve à Mont-Tremblant. Si on peut sauver une personne ou deux, ce sera extraordinaire », poursuit Mme Lacasse.

« On a toujours l'impression qu'autour de Mont-Tremblant, il y a beaucoup de richesse et c'est vrai. Mais il y a aussi des poches de résistance, des poches de pauvreté » explique le député Sylvain Pagé. « Nous avons besoin d'un travailleur de rue, ce n'est pas un luxe. »

L'organisme L'Écluse compte embaucher la nouvelle ou le nouveau travailleur de rue dans les prochaines semaines. Une période de transition est prévue avec l'ancienne travailleuse de rue qui desservait le territoire. « Comme il y a eu un service de travail de rue à Mont-Tremblant pendant trois ans et demi avant l'interruption, la transition devrait bien se passer », estime Émilie Rouleau.

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