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Le travail des enfants, une pratique répandue dans les fermes en C.-B., dit un activiste

Le propriétaire de la ferme Colebrook, à Surrey, a été contraint à verser 3515 $ en amende pour avoir contrevenu à la loi sur l'emploi des enfants de la province.

Selon l’activiste Charan Gill, cette décision rendue par le tribunal sur les standards d’emploi le 2 novembre dernier, démontre combien cette pratique - l’embauche d’enfants - est courante dans le secteur agricole.

« Tout cela est connu depuis plusieurs, plusieurs années. Mais la mise en vigueur [des lois] est insuffisante », soutient Charan Gill, directeur général de l’association Progressive Intercultural Community Services et président du syndicat des travailleurs de ferme canadiens (CFU).

Selon un porte-parole du ministère du Travail, six contraventions ont été données en lien avec le travail d’enfants dans la province, et ce, de 2011 à 2015. Toutes les six ont eu lieu dans le secteur agricole.

Les enfants de moins de 12 ans peuvent travailler en Colombie-Britannique, mais l’employeur doit d’abord obtenir une permission écrite du directeur des standards d’emploi de la province.

Quatre enfants âgés de 11 à 15 ans

Dans le cas de la ferme Colebrook à Surrey, ce sont des membres d’une équipe de conformité des lois dans le secteur agricole qui ont remarqué qu’un enfant de 11 ans travaillait avec son père sur la ferme de bleuets de Sundeep Kajla, le 28 juin 2016. Selon le père de l’enfant, ce dernier a dû l’accompagner dans les champs, car il n’aurait pas pu trouver une gardienne pour la journée.

Le père en question travaillait également en compagnie de deux autres de ses enfants, âgés de 14 et 15 ans, ainsi que d’une nièce de 14 ans.

Les travailleurs dans les fermes doivent absolument recevoir de l’aide adéquate pour des services de garde, selon Charan Gill. « Ces enfants n’ont nulle part où aller dès que les vacances d’été débutent », explique M. Gill.

De son côté, le propriétaire de la ferme de bleuets, Sundeep Kajla, a dit aux inspecteurs que l’enfant ne faisait que « se tenir là et manger des bleuets », selon le texte de la décision du tribunal. Cependant, les inspecteurs ont noté que l’enfant travaillait avec application à remplir son seau de petits fruits.

Le service de nouvelles de CBC a contacté le propriétaire trouvé fautif, mais celui-ci a refusé de commenter l’affaire.

« Aucune volonté politique de changer les choses »

La province doit aussi en faire davantage pour mettre en application les lois qui protègent les enfants du travail dans le secteur agricole, de l’avis du président du CFU. « Tous les politiciens savent ce qui se passe dans les fermes. Mais il n’y a aucune volonté de changer les choses », s’indigne Charan Gill.

Pour sa part, le ministère du Travail affirme que les régulations en place sont suffisantes pour s’attaquer au travail des enfants et que les employeurs fautifs peuvent recevoir jusqu’à 10 000$ d’amende.

« En 2016, l’équipe de conformité des lois dans le secteur agricole a inspecté 34 fermes et mené 224 entrevues auprès de travailleurs agricoles », soutient le ministère.

Cependant, pour Charan Gill, ce n’est pas suffisant : « [Les politiciens] pensent que les travailleurs étrangers, parce qu’ils sont immigrants, sont déjà chanceux d’avoir un salaire. Ils se disent "pourquoi s’en faire avec eux?" », conclut-il.

D'après un reportage de Maryse Zeidler.

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