Les autorités colombiennes ont annoncé vendredi que le virus Zika a causé la mort de trois personnes, au moment où l'Amérique latine tente de contrôler l'épidémie.

« Les trois morts ont été précédées du syndrome de Guillain-Barré », a déclaré la directrice de l'Institut national de la Santé (INS), Martha Lucia Ospina, lors d'une conférence de presse.

Le virus est soupçonné de provoquer cette maladie, dont les symptômes varient d'un patient à l'autre. Le syndrome de Guillain-Barré entraîne un dysfonctionnement du système immunitaire qui s'attaque à une partie du système nerveux. Dans ses formes les plus graves, il peut conduire à des paralysies.

La directrice de l'INS a prévenu que le virus est mortel et que « d'autres cas apparaîtront ». Elle ajoute que « le monde se rend compte que le Zika est cause de mortalité », mais les risques ne sont pas élevés, dit-elle.

Le virus Zika, qui entraîne des risques de malformations congénitales, se transmet par des piqûres de moustiques de type Aedes.

Des chercheurs brésiliens ont annoncé vendredi avoir détecté le virus sous forme active dans la salive et l'urine, mais que « cela ne signifie pas qu'il existe une capacité de transmission » par ces voies.

Les États-Unis ont par ailleurs indiqué mardi avoir recensé un premier cas de transmission du virus par voie sexuelle, et non par une piqûre de moustique.

Il n'existe pas de médicament contre le Zika, ni de vaccin. La santé publique est sur ses gardes et ne peut, pour l'instant, que renforcer les recommandations de lutte et de protection contre les moustiques qui propagent le virus.

Le Brésil est le pays le plus touché par le virus, suivi par la Colombie.

Après le Honduras, le gouvernement de Porto Rico a lui aussi décrété l'état d'urgence sanitaire vendredi, alors que 22 personnes ont été infectées par le virus.

Avortement, contraception et abstinence recommandés

Face à la menace du virus Zika, les autorités du Salvador, de la Colombie, du Brésil, de l'Équateur et du Honduras ont tour à tour demandé aux femmes de reporter leurs grossesses.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a toutefois déclaré par communiqué que les gouvernements qui conseillent aux femmes de retarder leur grossesse « font fi de la réalité », à savoir que plusieurs femmes et filles n'ont que peu de contrôle sur le moment de leur grossesse. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de la personne croit d'ailleurs qu'il faudrait améliorer l'accès à la contraception en raison de l'épidémie.  

Le virus Zika a rouvert le débat sur l'avortement au Brésil plus tôt cette semaine. Le président de la Société brésilienne de dengue, le Dr Artur Timerman, a affirmé que certaines femmes enceintes ayant attrapé le Zika optent pour un avortement clandestin. Plusieurs pays de l'Amérique du Sud, comme le Brésil, la Colombie et l'Équateur, n'autorisent pas l'avortement, à moins que la vie des mères soit en danger.

Les États-Unis ont, quant à eux, recommandé vendredi aux personnes de retour de pays où sévit le Zika de s'abstenir d'avoir des relations sexuelles ou d'utiliser des préservatifs.

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