Le visage du centre-ville d'Halifax s'est métamorphosé depuis une décennie.

Dans la péninsule d'Halifax, la valeur des projets de construction a triplé de 2006 à 2015, selon des estimations de CBC. La valeur des permis pour des projets de plus de 5 millions de dollars est passée de 40 à 187 millions.

Ce boom ne semble pas vouloir s'arrêter. Si l'on se fie aux permis de construction délivrés depuis le début de l'année, 2016 surpassera 2015 pour ce qui est de la valeur des travaux.

« Nous avons rarement vu une telle intensité de travaux au centre-ville », affirme Bob Bjerke, planificateur en chef à la Ville d'Halifax.

Quelques grands projets ont marqué cette décennie de construction : la nouvelle bibliothèque d'Halifax, une nouvelle résidence à l'Université Dalhousie, des rénovations au centre commercial Halifax Shopping Centre, le centre TD et plusieurs immeubles de condos, entre autres.

Un changement de culture

Parmi les facteurs explicatifs de cet essor, il faut retenir la démographie changeante et un changement de culture, selon Jill Grant, professeure en planification à l'Université Dalhousie.

De plus en plus de jeunes célibataires s'installent au centre-ville, de même que des retraités dont les enfants ont quitté le nid familial.

L'entreprise Killam Properties, propriétaire et exploitante de nombreux immeubles locatifs à Halifax, profite de cette tendance en faisant construire deux grands immeubles à appartements au centre-ville.

« Il y a un changement de mentalité concernant la vie en appartement », affirme Jeremy Jackson, directeur du marketing chez Killam.

Halifax connaît d'autre part une croissance lente, mais constante, de sa population. Le contrat de 25 milliards de dollars signé par son centre naval avec le gouvernement fédéral en 2011 a contribué à déclencher le boom de construction le plus récent, en 2012, selon Jeremy Jackson.

Le boom n'est pas aussi marqué en périphérie, mais il est quand même présent, dans des quartiers comme Bayer's Lake et Dartmouth Crossing.

Une certaine frustration

Le développement au centre-ville a tout de même son revers. Le public n'a pas eu son mot à dire au sujet de bien des projets puisque la plupart d'entre eux font l'objet de réunions publiques seulement si les promoteurs veulent des exemptions à des règlements municipaux.

« Certains quartiers de la ville changent très rapidement, en ce moment, note Jill Grant. Nous ne les reconnaîtrons pas dans quelques années. »

Cela a engendré de la frustration chez certains, mécontents de voir des immeubles historiques tomber pour faire place à des constructions modernes ou des trottoirs inaccessibles pendant des mois à cause de chantiers.

La Ville d'Halifax est consciente de ces frustrations, selon Bob Bjerke. Elle tente de trouver un équilibre entre la préservation du visage traditionnel d'Halifax et son développement.

La Municipalité régionale d'Halifax formule donc un plan de développement de 15 ans qui orientera les travaux à Halifax et à Dartmouth. Le service de planification dirigé par M. Bjerke a d'ailleurs vu son budget augmenter de 350 000 $ pour mener ce processus à terme.

Il faudra réécrire bien des arrêtés municipaux dans le cadre de cet exercice, puisqu'ils ont été rédigés à une époque où le développement était beaucoup plus orienté vers les banlieues.

D'après un reportage de Rachel Ward

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