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Légalisation du cannabis : l'impact pour l’agriculture

Avant de se retrouver sur les tablettes, le cannabis devra être cultivé. La légalisation pourrait-elle changer le portrait de l'agriculture au Canada? Entrevue sur la question avec un expert.

Avec la légalisation de la marijuana, beaucoup de producteurs agricoles pourraient se tourner vers la culture de cannabis, explique le professeur en distribution et politiques agroalimentaires à Halifax, Sylvain Charlebois, en entrevue à l’émission Point du jour, mardi.

« Présentement, il y a plusieurs producteurs agricoles qui considèrent le cannabis comme une opportunité », dit-il, en ajoutant que le cannabis coûte moins cher à produire que d’autres cultures.

La production de cannabis pourrait toutefois dépendre du prix de celui-ci.

« S’il y a trop de production, le prix va baisser. Donc, ça va moins intéresser les producteurs », explique-t-il. Certains producteurs voudront essayer la culture du cannabis, mais il est probable que beaucoup retourneront à leurs cultures initiales.

Le chercheur s’attend d’ailleurs à des fluctuations dans les prix au cours des deux premières années suivant la légalisation, puis à une stabilisation des prix sur le marché.

Les légumineuses plus vulnérables

Est-ce que certaines cultures pourraient reculer avec l’arrivée du cannabis? Selon M. Charlebois, les légumineuses pourraient être les cultures les plus vulnérables à perdre du terrain face à la marijuana.

La production du cannabis, comme celle des légumineuses, nécessite le même type de sol et de machinerie, explique le chercheur. Certains producteurs de canola pourraient aussi décider de consacrer quelques acres de leur champ à la culture du cannabis.

La Saskatchewan pourrait être une province très intéressante pour la culture de la plante, croit M. Charlebois.

« L’avantage concurrentiel de la Saskatchewan, c’est le prix très accessible des terres, surtout comparativement à l’Ontario, à l’Alberta et à la Colombie-Britannique », explique-t-il. Les producteurs peuvent produire [du cannabis] pour pas cher, ajoute-t-il. Ce qui manque, c’est la logistique. Et la logistique s’est améliorée dans l’Ouest canadien au cours des dernières années. C’est de bon augure. »

Des ressources limitées

Les meilleures ressources pour soutenir les producteurs qui aimeraient adopter cette nouvelle culture se trouvent aux États-Unis, selon M. Charlebois. Il cite le Colorado et l’État de Washington, où la production et la distribution de cannabis sont légales.

« Une fois que le projet de loi C-45 sera approuvé, je crois qu’Agriculture Canada va jouer un plus grand rôle », conclut-il.

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