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Les armes se taisent à Alep, mais des attaques ont lieu ailleurs

Un calme relatif est de retour dans la plus grande ville de la Syrie, Alep, où un cessez-le-feu de 48 heures négocié par les États-Unis et la Russie est entré en vigueur jeudi afin de mettre un terme aux affrontements entre les rebelles et les milices gouvernementales, qui ont fait près de 300 morts en 10 jours.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et l'AFP, aucun bombardement n'a été observé depuis le début de la trêve à 0 h 01, si ce n'est un tir d'obus rebelle qui aurait causé la mort d'un civil au cours de la nuit dans un quartier de l'ouest de la ville contrôlé par les forces du régime.

La suspension des combats a encouragé les habitants à redescendre dans les rues et à reprendre leurs activités. De nombreux commerçants ont aussi rouvert leurs magasins.

Washington et Moscou avaient annoncé mercredi l'entrée en vigueur de cette nouvelle trêve, voyant que celle signée le 27 février dernier avait volé en éclat.

Depuis le 22 avril, pas moins de 285 morts ont été recensés à Alep. Parmi eux, 57 enfants.

Une enquête réclamée sur des raids contre un camp de déplacés

Ailleurs en Syrie, 28 civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués et une cinquantaine d'autres, blessés, jeudi, dans des raids aériens contre un camp situé près de Sarmada dans le nord de la province d'Idleb, selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, ce camp est contrôlé en majorité par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et ses alliés rebelles. L'attaque a été condamnée par le porte-parole de la Maison-Blanche.

Le chef des opérations humanitaires de l'ONU a réclamé qu'une enquête soit menée immédiatement sur ces frappes contre ce camp de déplacés situé près de la frontière avec la Turquie.

« Je suis horrifié et écoeuré par les informations concernant la mort de civils aujourd'hui dans des frappes aériennes qui ont touché deux installations où des gens déplacés avaient cherché un sanctuaire », a écrit Stephen O'Brien, le plus haut responsable de l'ONU en matière d'affaires humanitaires, dans un communiqué.

« Si on découvre que cette attaque choquante a pris délibérément une structure civile pour cible, cela pourrait constituer un crime de guerre », a-t-il ajouté.

La télévision d'État syrienne et le gouverneur régional ont rapporté pour leur part un double attentat à la bombe à l'est de la ville de Homs, où l'armée syrienne et le groupe armé État islamique s'affrontent pour le contrôle du champ gazier de Shaer. L'attaque aurait fait 10 morts, dont des femmes et des enfants, et 49 blessés.

L'armée veut la « victoire finale », dit Assad

Déterminé à garder le pouvoir, le président du pays, Bachar Al-Assad, a déclaré que l'armée syrienne n'accepterait pas moins que la « victoire finale » et « l'écrasement de l'agression » contre les rebelles à Alep et ailleurs en Syrie, selon ce que rapportent les médias d'État.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Alep est au coeur de la guerre civile en Syrie, un conflit complexe qui s'étire depuis mars 2011. Les combats de rue, les bombardements, les exécutions et la répression sanglante du régime ont fait plus de 270 000 morts en cinq ans. Plus de la moitié de la population a fui le pays, provoquant une véritable crise humanitaire dans les pays voisins.

L'accord de cessez-le-feu du 27 février concernait l'ensemble du territoire syrien, à l'exception des secteurs tenus par le groupe armé État islamique (EI) et le Front Al-Nosra, qui ont refusé d'y apposer leur signature.

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