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Les athlètes victimes des coupes budgétaires à Triathlon Canada

Triathlon Canada a réduit son budget après s'être fait coupé les vivres par À nous le podium, conséquence d'un moins grand potentiel de médailles perçu à Rio. Les athlètes en font les frais, comme Amélie Kretz et Sarah-Anne Brault, basées en Australie, qui ont perdu de précieuses sources de financement à quelques mois des Jeux.

Un texte de Guillaume Boucher

Avec un peu plus d'un million et demi de dollars pour le cycle olympique de Rio, Triathlon Canada reçoit d'À nous le podium à peine 53 % de ce qu'il a eu dans les quatre années précédant les Jeux de Londres en 2012. Pour la période 2016-2017, son financement s'établit à seulement 200 000 $.

Des performances en deçà des attentes des triathloniens canadiens sont à l'origine de ce financement à la baisse et des changements organisationnels auxquels a ensuite procédé Triathlon Canada.

Ainsi, le contrat de Jamie Turner, avec qui Amélie Kretz et Sarah-Anne Brault travaillent en Australie dans l'équipe internationale des Wizards de Wollongong, n'a pas été renouvelé. L'entraîneur néo-zélandais s'attendait à être sacrifié après une année 2015 plutôt maigre en résultats.

« Le financement d'À nous le podium reposait surtout sur les performances des femmes et ça n'a pas été une bonne année pour les femmes, explique Jamie Turner. Comme on dit, c'était écrit sur le mur [...] Les perceptions d'À nous le podium sont basées sur des résultats objectifs. Je respecte ça. Quand on regarde ces mesures objectives, ils ont pris la bonne décision. »

Moins d'argent pour les athlètes

« C'est l'argent qui détermine... On n'a pas performé dans les dernières années et notre budget a été coupé. Ils ont décidé que l'argent allait aller davantage aux entraîneurs qui sont au Canada », analyse Sarah-Anne Brault qui, comme Amélie Kretz, continue de s'entraîner avec Jamie Turner en Australie sur la base d'une entente privée, avec l'accord de Triathlon Canada.

Les deux Québécoises sont aussi directement touchées par les coupes à Triathlon Canada. Comme le reste de l'équipe nationale, elles n'ont plus de financement de leur fédération pour leurs frais de déplacement et de subsistance pour des compétitions jusqu'à la fin de la présente saison.

Mais elles n'ont pas tout perdu. Il leur reste encore l'aide financière d'Ottawa, grâce au brevet d'athlète, et celle de Triathlon Québec, plus généreuse depuis que Triathlon Canada a réduit la sienne.

« Triathlon Québec a pris l'initiative de nous donner plus d'argent après la décision de Triathlon Canada de ne pas renouveler le contrat de Jamie. Je suis très reconnaissante de ça », dit Sarah-Anne Brault.

Kretz et Brault doivent maintenant s'appuyer davantage sur des commanditaires privés et investir leur propre argent pour financer leur vie d'athlète. À quelques mois des Jeux olympiques, la situation n'est pas idéale, mais est encore gérable. Et ça ne les empêchera pas bien de se préparer pour Rio, insistent-elles.

« C'est moins évident, concède Brault. Je vais essayer de ne pas devoir faire de sacrifices. Si je me qualifie pour Rio, j'aimerais avoir ma meilleure performance là-bas et j'ai besoin de plusieurs services pour ça. On a quand même le soutien de docteurs, nutritionnistes et physiothérapeutes même s'il n'y a plus de financement pour nous. »

« Mon seul objectif, c'est de bien performer à Rio, lance Kretz, tranchante. Je suis prête à investir tout mon temps et mon argent pour ça si je suis sélectionnée. »

On ne trouve pas non plus de note alarmiste du côté de Jamie Turner, qui rappelle qu'en triathlon, les athlètes vont chercher leur chèque de paie en compétition.

« Les choses changent toujours après les Jeux »

La baisse du financement aux athlètes annoncée par Triathlon Canada a cours jusqu'à la fin de la saison et Kretz et Brault ne voient pas plus loin. Tout peut changer, selon ce qui se passera à Rio.

« Il faut finir l'année et espérer qu'avec de meilleurs résultats, on revoit le financement, dit Brault. Les choses changent toujours après les Jeux. »

Les deux Québécoises seront d'ailleurs bientôt fixées sur leur sort à Rio. Triathlon Canada annoncera la composition de son équipe olympique le 9 juin, sur la base de choix discrétionnaires.

Trois places sont disponibles chez les femmes. Kirsten Sweetland et Paula Findlay sont leurs plus sérieuses rivales pour les obtenir.

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