Retour

Les autorités ont identifié les 49 victimes de la tuerie d'Orlando

La totalité des victimes de la tuerie survenue dans une discothèque gaie d'Orlando ont été identifées, ont annoncé les autorités lundi. La tragédie a aussi fait 53 blessés.

« Je pense que ce qui a été donné [comme bilan] à un certain moment incluait le tireur », a expliqué l'agent du FBI chargé de l'enquête, Paul Wysopal, une allusion au nombre 50 mentionné précédemment « Nous n'incluons pas le tireur comme victime », a-t-il précisé.

L'auteur de la fusillade, Omar Seddique Mateen, un citoyen américain d'origine afghane, a été tué lors d'un échange de tirs avec les policiers d'Orlando, dans la boîte de nuit Pulse, où 300 personnes se trouvaient lorsque les premiers coups de feu ont retenti.

Mateen s'est radicalisé « au moins partiellement » sur Internet

Le tireur montrait des « signes importants de radicalisation » et il s'est radicalisé au moins partiellement sur Internet, a mentionné le directeur du FBI, James Comey, au cours d'un point de presse, refusant chaque fois de le nommer pour ne pas le glorifier.

Un peu plus tôt, le président Barack Obama avait d'ailleurs ciblé cette radicalisation qui se fait en ligne.

« Combattre cette idéologie extrémiste sera aussi important que s'assurer de déjouer les complots planifiés de l'extérieur » du pays, a-t-il soutenu.

Omar Seddique Mateen s'est probablement inspiré d'organisations terroristes étrangères, a en outre affirmé le directeur du FBI. Toutefois, a-t-il ajouté, rien n'indique qu'il appartenait à un réseau ou qu'il était partie prenante d'un complot planifié à l'extérieur du territoire américain.

En outre, les motivations qu'il a lui-même exprimées au cours d'appels faits au 911 restent confuses. En tout, le tueur a appelé les services d'urgence à trois reprises.

S'il a affiché lors de ces appels sa loyauté envers le leader du groupe armé État islamique, il a aussi exprimé sa solidarité envers les auteurs des attentats de Boston, de 2013, et envers un Américain de Floride qui avait commis un attentat-suicide en Syrie, en 2014.

Or, ce dernier s'était plutôt réclamé du Front al-Nosra, un groupe ennemi de l'EI, a souligné M. Comey.

Le directeur du FBI a précisé que les autorités tentaient de comprendre le parcours du tueur, notamment en examinant ses appareils électroniques, et de découvrir s'il avait oui ou non reçu une aide extérieure.

Un homme connu du FBI

M. Comey est revenu sur les deux enquêtes que le FBI avait menées sur Mateen, en 2013 et 2014. L'homme avait été interrogé à autant de reprises.

Une première enquête avait été instituée à la suite de propos radicaux que le suspect aurait tenus sur son lieu de travail, l'une des plus importantes sociétés de sécurité au monde, la société britannique G4S.

L'enquête n'avait toutefois rien donné et le FBI a clos le dossier après 10 mois.

Mateen a aussi fréquenté la même mosquée que Mohammad Abusalha, qu'il a évoqué dans un de ses appels au 911 et qui a péri dans un attentat-suicide en mai 2014.

C'est pour cette raison qu'il s'était de nouveau retrouvé dans la ligne de mire du FBI, mais l'enquête avait elle aussi été close.

Mateen a également effecuté deux voyages en Arabie saoudite en 2011 et 2012. Les responsables de l'enquête ignorent toutefois ce qu'il est allé y faire.

Mateen armé jusqu'aux dents

Sans antécédents judiciaires et dédouané par les enquêtes policières, Mateen s'était procuré une arme de poing et un fusil d'assaut AR-15, avec les permis requis, quelques jours avant de perpétrer l'attaque du Pulse, à Orlando.

Le tireur s'est présenté à la discothèque armé de son AR-15, une arme semi-automatique, et d'une arme de poing. Il a ouvert le feu à bout portant sur la foule. Il a tiré en direction des policiers et a pris des otages, avant d'être abattu par le groupe d'intervention tactique (SWAT).

Une troisième arme a également été retrouvée dans le véhicule du suspect après la fusillade. Les enquêteurs tenteront de tirer le maximum d'informations des appareils électroniques du tireur.

Mateen a téléphoné au 911 quelques minutes avant d'ouvrir le feu au Pulse, pour déclarer son allégeance à l'EI. Le groupe a opportunément revendiqué l'attaque, prétendant qu'un « soldat du califat » avait perpétré la pire fusillade de l'histoire des États-Unis contre des chrétiens et des gais.

Malgré la revendication de l'EI, les autorités américaines soutiennent que rien ne permet de lier l'attaque au groupe armé. Elles parlent plutôt d'un « acte de terrorisme intérieur ».

L'état d'urgence a été levé sur l'État de la Floride, le comté et la Ville.

Qui sont les victimes?

  • Edward Sotomayor Jr., 34 ans
  • Stanley Almodovar III, 23 ans
  • Luis Omar Ocasio-Capo, 20 ans
  • Juan Ramon Guerrero, 22 ans
  • Eric Ivan Ortiz-Rivera, 36 ans
  • Peter O. Gonzalez-Cruz, 22 ans
  • Luis S. Vielma, 22 ans
  • Kimberly Morris, 37 ans
  • Eddie Jamoldroy Justice, 30 ans
  • Darryl Roman Burt II, 29 ans
  • Deonka Deidra Drayton, 32 ans
  • Alejandro Barrios Martinez, 21 ans
  • Anthony Luis Laureanodisla, 25 ans
  • Jean Carlos Mendez Perez, 35 ans
  • Franky Jimmy Dejesus Velazquez, 50 ans
  • Amanda Alvear, 25 ans
  • Martin Benitez Torres, 33 ans
  • Luis Daniel Wilson-Leon, 37 ans
  • Mercedez Marisol Flores, 26 ans
  • Xavier Emmanuel Serrano Rosado, 35 ans
  • Gilberto Ramon Silva Menendez, 25 ans
  • Simon Adrian Carrillo Fernandez, 31 ans
  • Oscar A Aracena-Montero, 26 ans
  • Enrique L. Rios, Jr., 25 ans
  • Miguel Angel Honorato, 30 ans
  • Javier Jorge-Reyes, 40 ans
  • Joel Rayon Paniagua, 32 ans
  • Jason Benjamin Josaphat, 19 ans
  • Cory James Connell, 21 ans
  • Juan P. Rivera Velazquez, 37 ans
  • Luis Daniel Conde, 39 ans
  • Shane Evan Tomlinson, 33 ans
  • Juan Chevez-Martinez, 25 ans
  • Jerald Arthur Wright, 31 ans
  • Leroy Valentin Fernandez, 25 ans
  • Tevin Eugene Crosby, 25 ans
  • Jonathan Antonio Camuy Vega, 24 ans
  • Jean C. Nives Rodriguez, 27 ans
  • Rodolfo Ayala-Ayala, 33 ans
  • Brenda Lee Marquez McCool, 49 ans
  • Yilmary Rodriguez Solivan, 24 ans
  • Christopher Andrew Leinonen, 32 ans
  • Angel L. Candelario-Padro, 28 ans
  • Frank Hernandez, 27 ans
  • Paul Terrell Henry, 41 ans
  • Antonio Davon Brown, 29 ans
  • Christopher Joseph Sanfeliz, 24 ans
  • Akyra Monet Murray, 18 ans
  • Geraldo A. Ortiz-Jimenez, 25 ans

Le président américain, Barack Obama, a immédiatement condamné la fusillade, la qualifiant d'« acte de terreur et de haine ». Il est attendu à Orlando jeudi afin de rendre hommage aux victimes et présenter ses condoléances aux familles éprouvées, a fait savoir la Maison Blanche.

Les candidats en vue de la présidentielle américaine, Hillary Clinton et Donald Trump, ont eux aussi exprimé leur désarroi et leur colère.

Au Canada, la classe politique et la communauté gaie ont également été frappées par l'onde de choc. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a déclaré qu'il était profondément choqué et attristé.

Le drapeau arc-en-ciel a d'ailleurs été mis en berne à l'Assemblée nationale du Québec, de même qu'à l'hôtel de ville de nombreuses autres municipalités au pays.

Le monde, solidaire dans l'horreur

Des veillées à la chandelle et d'autres activités de commémoration se sont tenues partout au Canada.

Des centaines de personnes se sont par exemple rassemblées dans le village gai de Toronto, en présence de personnalités politiques telles que la première ministre Kathleen Wynne et le maire de la métropole, John Tory.

À Montréal, un premier événement a eu lieu en soirée au parc de l'Espoir. Le collectif Carré rose prévoit tenir un autre rassemblement au même endroit jeudi prochain. À Ottawa, plus de 200 personnes ont répondu à l'appel pour se rassembler devant le Monument des droits de la personne.

Des membres de la communauté LGBT de Québec se sont également réunis au bar Le Drague. Ils étaient plus de 50.

Aux États-Unis, l'écho a été le même, avec des rassemblements organisés autant à Orlando qu'en Californie et à Albany.

L'Empire State Building de New York a gardé ses lumières éteintes en soirée, alors que l'antenne du One World Trade Center s'est illuminée aux couleurs de l'arc-en-ciel.

Ailleurs dans le monde, l'émotion a mobilisé des milliers de personnes. De Paris à Madrid en passant par Rome et le Mexique, des rassemblements se sont improvisés, en silence, drapeaux arc-en-ciel fièrement affichés, parfois devant des lieux significatifs ou dans les quartiers gais, d'autres fois devant les ambassades des États-Unis.

La tour Eiffel s'est illuminée aux couleurs américaines et l'hôtel de ville de la capitale française a arboré les drapeaux américains et arc-en-ciel.

Les dirigeants de nombreux pays ont aussi exprimé leur « solidarité » envers la communauté américaine.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine