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Les avalanches, de phénomènes naturels à catastrophes

Le mercredi 18 janvier dernier, une avalanche a déferlé en Italie, dans la région des Abruzzes. Dans les hautes montagnes, ces coulées de neige ne sont pas rares; sauf que, parfois, elles volent des vies. Comment se produisent ces phénomènes naturels qui peuvent devenir des catastrophes?

Le manteau neigeux

Au fil de l’hiver, la neige tombe et s’accumule sur les montagnes. Selon les conditions météorologiques (températures, vent, humidité), un manteau neigeux se forme. Plusieurs couches faites de neige mouillée, humide ou poudreuse s’empilent de façon compacte ou aérée, avec une cohésion plus ou moins importante.

Toute nouvelle chute de neige qui s’ajoute sur le manteau crée une charge supplémentaire; et quand la force de friction entre les couches est plus faible que la force de gravité, une avalanche est déclenchée.

Deux sortes d'amorces aux avalanches

1 - Artificielles :

  • Parfois, il est essentiel de provoquer une avalanche afin d’en réduire les risques. Des explosifs installés judicieusement dans la montagne servent alors à la déclencher.
  • Des skieurs ou des motoneigistes qui s’aventurent à faire du hors-piste peuvent aussi amorcer artificiellement une avalanche.

2 - Naturelles :

  • Un tremblement de terre ou une charge supplémentaire sur le manteau neigeux peut aussi déclencher une avalanche.

En Italie, quatre secousses de magnitude supérieure à 5 ont succédé à des chutes de neige records. Le combo était parfait : une surcharge du manteau neigeux et des séismes qui ont brisé la force de friction; la gravité l’a donc emporté.

De fortes précipitations, une hausse des températures au-dessus du point de congélation, le vent qui transporte des quantités importantes de neige vers des pentes protégées du vent augmentant ainsi de trois à cinq fois l’accumulation sont tous des déclencheurs naturels d’avalanche.

Pas réservée uniquement aux hautes montagnes

Puisqu’il faut trois éléments pour qu’une avalanche ait lieu – une pente, de la neige et de l’instabilité dans le manteau neigeux, il peut s’en produire partout.

Cependant, dans des régions où les pistes sont fort achalandées et où le hors-piste est rare, le risque est moins grand. La compaction mécanique, faite autant par la horde de skieurs que par la machinerie servant au damage, élimine le développement des instabilités.

Mais dans les montagnes plus sauvages, moins fréquentées, le manteau neigeux est laissé à lui-même et des instabilités peuvent se développer et perdurer dans le temps. Parfois, elles se créent en début de saison et y restent jusqu’à ce que la gravité l’emporte sur la friction.

Il y a deux grands types d’avalanches :

  1. L’avalanche de plaques se définit comme une masse de neige ayant une certaine cohésion qui dévale la pente jusqu’à la zone de dépôt, où elle finira par s'arrêter;
  2. L’avalanche de neige sans cohésion se produit surtout avec de la neige poudreuse, donc plus légère. Elle débute par une parcelle de neige très ponctuelle qui descend la pente en s’élargissant pour laisser une trace conique jusqu’à la zone de dépôt.

Trouver des signes d’instabilité pouvant mener à une potentielle avalanche

Quand on est en voyage de ski en hautes montagnes, dans les Alpes, les Rocheuses ou plus près de chez nous, dans les Chic-Chocs, on est généralement des néophytes en matière d’avalanche. Il est alors difficile de reconnaître les signes d’une éventuelle coulée de neige.

J’ai rencontré Alexandre Robert, prévisionniste pour Avalanche Québec ainsi que guide et instructeur pour Ski Chic-Chocs situé dans la Haute-Gaspésie, de qui j’ai tiré toutes ces explications.Il m’a fait découvrir un métier passionnant qui se rapproche beaucoup de celui de prévisionniste météo. D’ailleurs, il me disait qu’il fallait beaucoup de temps et d’expérience pour être capable de préciser le risque d’avalanches.

Les avalanches, c’est une science qui est influencée par la météo; donc, aussi très difficile à prédire.

Alexandre Robert, prévisionniste d'avalanches

Ce qu’un prévisionniste d’avalanche recherche, entre autres, ce sont les signes d’instabilité dans le manteau neigeux.

Des éclairs qui se créent en marchant dans la neige ou le long des skis sont des fissures de propagation. Elles indiquent la présence d’une certaine énergie emmagasinée en surface, qui pourrait se propager dans une sous-couche. Le danger d’une avalanche de plaques est imminent.

Et il y a le « woumf ». Ce bruit sourd qui se produit sous nos pieds est la preuve qu’il y avait, dans une des couches du manteau neigeux, de l’air qui vient d’être chassé. Cette couche plus faible risque de s’affaisser et de déclencher une avalanche. Si un jour, vous faites du hors-piste et que vous entendez ce bruit, il faut revenir rapidement dans les pistes balisées.

Taille de l’avalanche

En Italie, plusieurs milliers de tonnes de neige ont frappé l’hôtel Rigopiano avec une force qui se compare à 4000 camions roulant à pleine vapeur.

Actuellement, on évalue la taille des avalanches par une échelle de cinq niveaux basés sur la distance que l'avalanche va parcourir, la quantité de neige apportée et sa force d'impact. Mais c’est une échelle qui n’est pas facile à utiliser, m’expliquait Alexandre Robert.

Des experts développent présentement une autre échelle dont les facteurs seront plus faciles à calculer, comme les dimensions de la plaque qui s'est détachée et la quantité de neige qui se retrouve dans la zone de dépôt à la fin de l’avalanche.

  • À partir de 1,5, une avalanche peut ensevelir et tuer une personne.
  • Au Québec, les plus grosses avalanches sont cotées 3,5.
  • Dans l’Ouest canadien, les régions sont propices à atteindre les niveaux 4,5 à 5.
  • Dans les montagnes de l’Himalaya, les manteaux neigeux sont assez volumineux pour produire des avalanches de taille 5.

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