Retour

Les avortements sont pratiqués depuis 1 an à l'Î.-P.-É, mais tout n'est pas réglé

Il y a un an, le 31 janvier 2017 , le premier centre médical autorisé à offrir des services d'avortement a ouvert ses portes à l'Île-du-Prince-Édouard. Cent quarante-trois avortements y ont été pratiqués depuis. Mais en dépit de l'accès aux avortements qu'il offre, sa création n'a pas clos le débat sur la question à l'île.

Un texte de Julien Lecacheur

En ce 31 janvier, Jillian Killfoil, la directrice de Réseau femmes Î.-P.-É., un organisme qui vient en aide aux femmes de la province, a le sourire. Elle célèbre le tout premier anniversaire de l'accès à l'avortement sur l'île.

Le 31 janvier 2017, malgré les protestations massives des militants pro-vie, la clinique de santé reproductive a vu le jour à l'hôpital du comté de Prince, à Summerside.

Depuis son ouverture, 143 avortements chirurgicaux ont été pratiqués au centre; 20 autres ont été effectués à l'aide de la pilule abortive Mifegymiso. Au total, 195 avortements ont été pratiqués dans la province depuis un an, un nombre en légère hausse par rapport à 2016, où il était de 186.

Trente-deux autres résidentes de l'île ont obtenu un avortement à l'extérieur de la province l'an dernier.

Les militants pro-vie continuent le combat

L'ambiance est plutôt morose au centre Right to Life de Charlottetown, un organisme anti-avortement. Sa directrice, Patricia Wiedemer, parle d'un jour triste pour l'Île-du-Prince-Édouard. Elle insiste sur la perte de 195 fœtus, autant d'enfants qui n'ont pas eu la chance de naître, dit-elle « Je suis vraiment très triste de constater la mort de 195 bébés à la suite d'avortements effectués sur et en dehors de l'île », dit-elle.

Patricia Wiedemer ne se laisse pas abattre par la situation. Elle est bien décidée à continuer la lutte contre l'avortement. Elle demande aujourd'hui au gouvernement provincial d'intervenir pour sauver des vies.

Mieux renseigner les femmes

De son côté, Jillian Killfoil, du Réseau des femmes de l'Île-du-Prince-Édouard, demande le soutien du gouvernement provincial pour être en mesure de mieux conseiller les femmes enceintes. « Il y a encore beaucoup de travail à faire pour éduquer la population sur l'importance des choix reproductifs pour les femmes », souligne-t-elle.

Elle ajoute que la province devrait aussi s'assurer que les femmes vivant dans les communautés rurales de l'île soient bien renseignées sur les choix qui s'offrent à elles.

Le gouvernement provincial, et surtout les médecins, espèrent que l'ouverture, il y a un an, de la clinique de Summerside apportera une paix durable dans les débats sur l'avortement à l'île. Une paix qui n'est pas acquise : les médecins approchés ont refusé toutes nos demandes d'entrevues par peur de représailles et par crainte d'être catalogués comme praticiens effectuant des avortements.

Plus d'articles