Alors que les nouveaux ministres du gouvernement d'Alexis Tsipras prêtent serment, le gouvernement grec décide d'autoriser la réouverture des banques du pays.

Les portes des banques, fermées depuis le 29 juin, s'ouvriront lundi matin, avec un certain maintien des restrictions. Afin d'éviter une ruée bancaire, le plafond de retraits restera fixé à 60 euros. Il sera toutefois possible d'effectuer plusieurs retraits en une fois : les seuils de retrait d'argent liquide passeront de 60 euros par jour à 420 euros par semaine. Les Grecs pourront aussi utiliser leurs cartes de crédit à l'étranger, ce qui était interdit depuis trois semaines.

Le décret pris samedi maintient toutefois l'interdiction de virer des fonds situés sur des comptes bancaires grecs vers des comptes à l'étranger et les autres mesures de contrôle des capitaux.

Les restrictions ont sabordé la période des soldes, généralement faste pour le commerce de détail, et gelé des importations nécessaires à la bonne marche de l'économie. Selon la chambre de commerce et d'industrie à Athènes, quelque 4500 conteneurs sont bloqués au port, faute de règlement.

Alexis Tsipras montre la porte aux dissidents

Par ailleurs, les nouveaux ministres du gouvernement grec ont prêté serment samedi après un remaniement destiné à affirmer l'autorité d'Alexis Tsipras.

M. Tsipras a en particulier remplacé trois ministres qui venaient de le désavouer au Parlement. Parmi eux figurent l'ancien ministre de l'Énergie, Panagiotis Lafazanis, et deux secrétaires d'État qui s'opposaient à l'accord arraché par le premier ministre lundi à Bruxelles.

Ces départs témoignent de la fracture au sein du parti de la gauche radicale Syriza, qui avait déjà trouvé une illustration lors du débat et du vote de l'accord au Parlement. En lieu et place des ministres rebelles, Alexis Tsipras a nommé des proches ou des membres d'Anel (Grecs indépendants), un parti de droite allié de Syriza.

La volonté affichée du premier ministre de prendre ses distances avec l'aile la plus radicale de son parti et le vote positif de la Vouli ont rétabli un calme précaire avec les partenaires européens et les créanciers, mais sans garantie sur une survie financière à long terme.

L'accord approuvé jeudi avec le soutien de l'opposition, mais sans celui de 39 députés de Syriza, valide notamment le principe de douloureuses hausses d'impôts, baisses de dépenses et diminutions du montant des retraites.

Selon le nouveau ministre du Travail Georges Katrougalos, le gouvernement, élu en janvier sur la promesse de mettre fin à l'austérité, se battra pour que l'accord soit « socialement juste ».

Dans un sondage publié samedi par le journal Efimerida Ton Syntaknon, quelque 70 % des personnes interrogées disent accepter le nouveau plan d'aide s'il garantit un maintien de la Grèce dans la zone euro.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble continue à défendre sa proposition d'une exclusion temporaire du pays de l'euro. C'est selon lui la condition préalable pour alléger la dette gigantesque de la Grèce, qui représente près de deux années de produit intérieur brut.

Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE), soutenus par des pays comme la France, jugent au contraire que cet allègement de dette, revendication majeure de Syriza, doit être planifié dans le cadre du nouveau plan d'aide et en maintenant la Grèce dans la zone euro.

Les négociations sur le nouveau programme d'aide doivent commencer la semaine prochaine après l'octroi d'un financement d'urgence à Athènes, permettant à la Grèce d'honorer une échéance de 3,5 milliards d'euros à rembourser lundi. La Banque centrale européenne a accepté la semaine dernière de débloquer 900 millions d'euros de crédits d'urgence afin de permettre au secteur bancaire grec de continuer de fonctionner.

La Grèce va par ailleurs recevoir un versement d'urgence de 7 milliards d'euros qui, à peine versé, sera aussitôt englouti, ou presque. Athènes doit rembourser lundi plus de 4 milliards d'euros à la Banque centrale européenne et effacer une ardoise conséquente auprès du Fonds monétaire international.

Au-delà de cette aide provisoire, la course à la montre est déjà engagée pour mettre sur pied le troisième plan d'aide promis à la Grèce, de plus de 80 milliards d'euros sur trois ans, idéalement avant le 20 août, date prévue d'un lourd remboursement à la BCE.

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