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Les bloqueurs de publicités de plus en plus populaires

Les internautes utilisent de plus en plus des bloqueurs de publicités et hésitent encore à payer pour du contenu médiatique en ligne, selon un rapport sur la consommation de nouvelles en ligne du Reuters Institute.

Un texte de Mélanie Meloche-Holubowski

Le rapport a sondé plus de 50 000 personnes dans 26 pays. Le Canada est inclus dans ce sondage pour la première fois.

Près du quart des internautes utilisent maintenant un bloqueur de publicités, selon le sondage. Chez les 18-24 ans, ce chiffre grimpe à 42 %. Toutefois, seulement 16 % des 55 ans et plus utilisent un bloqueur de publicités. Adblock, l'une des extensions de navigateur les plus populaires au monde, a été téléchargée par plus de 300 millions d'internautes.

Pour l'instant, seulement 8 % des personnes utilisent un bloqueur de publicités sur leur téléphone intelligent, mais le tiers des personnes disent qu'elles prévoient en installer un au cours de la prochaine année. Par ailleurs, le rapport dénote que ceux qui téléchargent un bloqueur de publicités le désinstallent très rarement.

En Suède, où près de 30 % des internautes utilisent un bloqueur de publicités, une vingtaine d'éditeurs média bloqueront durant tout le mois d'août l'accès à leur contenu aux utilisateurs de bloqueurs de publicités. Les internautes auront de nouveau accès au contenu lorsqu'ils auront désactivé l'extension.

Éviter la pub intrusive

La grande majorité des publicités en ligne sont désagréables et dérangeantes, estime Christian Désîlets, professeur au Département d'information et de communication de l'Université Laval. « En fait, on fait sur le web tout ce qu'il ne faut pas faire », dit-il. Cette insatisfaction reflète donc le nombre croissant d'utilsateurs de bloqueurs de publicités.

Si certains sites bloquent maintenant leur contenu aux usagers d'Adblock, les internautes trouveront toujours un nouveau moyen pour contourner ces mesures.

M. Désîlets ajoute que les agences de publicité devraient plutôt adhérer à certains standards de non-intrusion s'ils veulent convaincre les internautes d'abandonner les bloqueurs de publicités.

Un effet sur la vente de publicités?

Bob Mainguy, vice-président numérique chez Rouge Marketing, dit que l'utilisation des bloqueurs publicitaires n'a pas encore eu d'effet majeur sur la vente de publicité en ligne au Québec. Mais la croissance exponentielle du nombre d'utilisateurs à travers le monde est un phénomène qui doit être pris au sérieux par les agences de marketing.

« Les annonces sont de plus en plus dans ta face, les vidéos partent toutes seules... On est peut-être allé trop loin. Il faudra changer la façon dont on fait de la publicité en ligne et revoir l'expérience qu'on offre aux internautes », ajoute M. Mainguy.

La compagnie Eyeo, qui produit l'extension Adblock, a d'ailleurs publié un manifeste qui reconnaît que la publicité est un levier économique, mais que les publicités intrusives expliquent - en partie - une baisse du nombre de clics sur plusieurs sites web.

Le manifeste propose d'ailleurs une définition de « publicité acceptable » : celle-ci ne doit pas être gênante, ne pas déformer, ni désordonner le contenu de la page web et ne doit pas prétendre être autre chose qu'une publicité.

« En tant que publicitaire, nous devons faire des annonces qui ne sont pas intrusives, mais qui permettent de subventionner du contenu », dit Maude Barrette-Desjardins, directrice marketing chez Rouge Marketing.

Par ailleurs, tous s'entendent pour dire qu'il est nécessaire d'éduquer les consommateurs au fait que l'information de qualité en ligne ne se crée pas gratuitement. « L'Internet a habitué les gens à avoir tout gratuit. Mais sans les publicités (et les revenus qui s'y rattachent), l'Internet sera vide », rappelle M. Mainguy.

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