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Les boissons énergisantes nocives pour les jeunes

De plus en plus populaires, les boissons énergisantes constituent toutefois un grave danger pour la santé des enfants et des adolescents, prévient un document de principes publié mardi par la Société canadienne de pédiatrie (SCP).

Les jeunes de moins de 18 ans devraient éviter complètement les boissons pour sportifs et les boissons énergisantes contenant de la caféine (BEC), selon les deux auteures du document, la pédiatre Catherine Pound, et la diététiste Becky Blair.

« Les boissons énergisantes sont au mieux inutiles et au pire, dangereuses. Les médecins devraient informer leurs patients et les familles du potentiel de risques et d’effets indésirables de ces boissons, et devraient vérifier régulièrement si elles sont consommées », affirme la docteure Pound.

Citant de nombreuses études, les auteures soulignent que ces boissons peuvent notamment contribuer à l'obésité, et à une mauvaise santé bucale, en plus d'augmenter l'anxiété et les troubles du sommeil et du comportement.

Dans certains cas plus rares, une consommation régulière de ces boissons peut même causer des problèmes cardiaques et la mort.

Les deux catégories de boissons visées par le document de la SCP connaissent toutes deux une hausse de popularité au Canada. Elles se démarquent toutefois l'une de l'autre au niveau de leur composition et de leurs arguments de vente.

Outre la quantité impressionnante de sucre qu'elles contiennent (une portion de 237 ml d'une BEC peut contenir jusqu’à 10 cuillerées à thé de sucre), la caféine contenue dans les boissons énergisantes inquiète particulièrement les experts.

Au Canada, la concentration en caféine des BEC est limitée à 400 mg/l ou à un maximum de 180 mg par contenant à portion unique, défini comme un contenant de moins de 750 ml qui ne peut être refermé. En comparaison, une tasse de 237 ml de café infusé fournit une moyenne de 135 mg de caféine. 

Ces réglementations varient énormément à travers le monde, et les pédiatres doivent mettre en garde leurs patients qui pourraient s'en procurer ailleurs qu'au Canada, selon les auteures. Aux États-Unis, par exemple, les BEC peuvent contenir jusqu’à 344 mg de caféine par cannette de 473 ml, soit plus de sept fois la quantité de caféine d’une cannette de Coca-Cola.

Boissons énergisantes et alcool, un cocktail dangereux

Les auteures soulignent également que les étudiants universitaires sont particulièrement friands des BEC, qu’ils consomment fréquemment avec de l’alcool, afin d’en contrer l’effet sédatif qui « endort ».

Or, un tel mélange a été associé à une augmentation des comportements à risque, remarquent-elles.

Parmi les comportements cités, on retrouve le fait de monter à bord d'un véhicule dont le conducteur a les facultés affaiblies, de subir des blessures physiques graves, et de consommer des drogues dures.

Les universitaires ne sont toutefois pas les seuls à consommer les BEC, ces boissons étant également très populaires auprès des jeunes adolescents. Dans un sondage réalisé au Québec en 2008 et cité par les auteures, plus de la moitié des élèves du secondaire (de 61 % à 66 %) interrogés affirmaient en boire.

Ces chiffres sont particulièrement préoccupants lorsqu'on sait que les enfants et les adolescents sont plus vulnérables que les adultes aux effets indésirables des BEC, dont la dépendance et l'intoxication à la caféine. Leur masse corporelle plus faible fait qu'ils absorbent une concentration plus élevée des ingrédients actifs, comme la caféine et la taurine.

Santé Canada interdit d'ailleurs toute promotion de ces boissons auprès des enfants de 12 ans et moins. Or, les entreprises de boissons énergisantes sont très présentes dans les événements sportifs destinés aux jeunes, ainsi que sur les réseaux sociaux.

Des industries en pleine croissance

En 2009, le marché des boissons pour sportifs était évalué à 423 millions de dollars au Canada, et représentait 1,2 % de toutes les boissons non alcoolisées vendues au pays.

Quant aux BEC, leurs ventes ont dépassé en 2006 les 3,2 milliards de dollars américains, ce qui correspond à une augmentation rajustée selon l’inflation de plus de 500 % depuis 2001.

Devant ce qu'elles considèrent comme une invasion des marchés par ces boissons, Catherine Pound et Becky Blair jugent qu'« il est impératif que les médecins parlent à leurs patients et aux familles des risques qui y sont liés ».

Elles recommandent notamment aux pédiatres de demander systématiquement aux enfants et aux adolescents s'ils consomment ces boissons, et s'ils les mélangent avec de l'alcool, en plus d'insister sur la différence entre les boissons pour sportifs et les BEC, et sur les risques qui y sont associés.

« Chez les jeunes, l’eau demeure le meilleur choix pour s’hydrater », rappelle Mme Blair.

La SCP préconise également d'élargir la législation pour interdire la commercialisation des BEC auprès des enfants et des adolescents.

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