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Les caisses de retraite à la rescousse des infrastructures

Un plan se prépare en coulisse. Si tout se passe comme prévu, le gouvernement libéral fera appel aux régimes de retraite pour mener à bien les grands projets d'infrastructures et nourrir la croissance économique à long terme.

Un texte de Marc Godbout

Le rendez-vous n'était pas des plus médiatisés. À la demande du grand argentier du gouvernement fédéral, Bill Morneau, des joueurs influents de la finance se sont réunis au lac Meech, en Outaouais, le 16 mai dernier.

Il s'agissait d'une journée de discussions à huis clos, première étape pour guider le gouvernement qui a promis une stratégie vigoureuse en matière de croissance.

À elle seule, la photo de famille qui précédait cette réunion donne une idée de l'orientation que compte prendre le gouvernement Trudeau en matière d'infrastructures.

Trois noms et un dénominateur commun : Michael Sabia, PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Mark Wiseman, du Régime de pensions du Canada, et Dominic Barton de McKinsey and Company, grand partisan des partenariats en infrastructure.

Si le ministre Morneau se garde bien de dévoiler tout son jeu, des sources indiquent que le gouvernement viserait jusqu'à quatre grands projets d'ici la fin de son mandat, en partenariat avec les caisses de retraite. Il accélérerait la cadence dans un deuxième mandat.

Des milliards à investir

Les dix plus importantes caisses de retraite canadiennes ont vu la valeur totale de leurs actifs tripler depuis 2003. Avec l'état des finances publiques, les régimes de retraite deviennent donc attrayants pour Ottawa.

Les fonds de retraite peuvent de moins en moins compter sur les marchés boursiers et les obligations pour obtenir de bons rendements et subvenir aux besoins des retraités. L'intérêt pour les infrastructures est donc grandissant.

Pas surprenant que dans ce contexte, le projet de système léger sur rail (SLR) à Montréal, imaginé par la Caisse de dépôt et placement du Québec, suscite un grand intérêt de la part d'Ottawa.

Piloté par la Caisse en partenariat avec Québec et Ottawa, le SLR arrive donc à point nommé pour les libéraux. Le gouvernement Trudeau le perçoit comme un précédent qui pourrait servir à préparer le terrain à d'autres projets.

Grande expertise à l'étranger

Non seulement les régimes ont des milliards à investir, mais ils disposent d'une expertise acquise étonnamment à l'étranger.

Le constat est plutôt renversant : quatre des grandes caisses de retraite canadiennes sont parmi les dix plus grands investisseurs en infrastructures dans le monde.

De l'aéroport Heathrow de Londres, au port de Brisbane en Australie, en passant par des réseaux d'aqueduc et de transports d'électricité, les fonds de retraite canadiens sont présents sur presque tous les continents.

Des avantages pour le gouvernement

L'entrée en scène des caisses de retraite permet de répartir les risques et souvent d'arriver à l'obligation de résultat, explique Claude Lamoureux, qui a dirigé la caisse de retraite des enseignants de l'Ontario, Teachers, l'une des pionnières dans les investissements en infrastructures à l'étranger.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, résume à sa manière : « Ça permet d'avoir la possibilité de commencer plus vite. Ça nous donne une façon d'avoir un projet qui va marcher. »

Le gouvernement fédéral se donne six mois pour concevoir son plan, à temps pour envoyer un premier signal concret dans le prochain budget.

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