Retour

Les Canadiennes dans les deux guerres mondiales, ces héroïnes de l'ombre

Pendant que les hommes partaient se battre au front, les femmes se mobilisaient pour participer elles aussi à l'effort de guerre. Et c'est pour rendre hommage à toutes ces femmes que le Musée de la guerre à Ottawa présente une exposition qui souligne les contributions des Canadiennes durant les deux guerres mondiales. Visite des lieux.

Un texte de Catherine François

L'exposition « Grandes guerres, grandes femmes » explique comment ces Canadiennes se sont mobilisées durant les deux guerres mondiales.

LE BÉNÉVOLAT

La préparation de colis pour les soldats sur le front, le tricotage de chandails, d'écharpes et de chaussettes, la collecte de fonds par la vente de timbres d'épargne de guerre, autant d'activités bénévoles pour soutenir les troupes que les Canadiennes ont faites durant les deux guerres.

La vente de ces timbres, qui coûtaient 25 cents, a notamment permis de récolter 318 millions de dollars à la fin de la campagne de collecte de fonds.

Photo :Catherine François

SERVIR DANS L'ARMÉE

Elles ont été plus de 50 000 à servir au sein de l'armée canadienne durant les guerres de 14-18 et 39-45. Durant la Première Guerre mondiale, seules les infirmières étaient recrutées. Elles ont été 3000.

Par contre, pendant la guerre de 39-45, elles ont pu servir au sein des différents corps de l'armée canadienne. Certaines faisaient même partie des gradés. Il y a aussi eu des femmes photographes de guerre, conductrices de camion, sténographes, contrôleuses aériennes et musiciennes - un premier régiment de cornemuses féminin a vu le jour en 1942

Photo :Catherine François

Maxine Bredt a été l'une de ces Canadiennes enrôlées dans l'armée canadienne en tant qu'infirmière. Elle a débarqué en Angleterre quelques jours avant le Jour J, le jour du débarquement. Puis, elle a été emmenée en Italie en juillet 1944 pour soigner les soldats canadiens qui participaient à la campagne de libération de l'Italie.

C'était une des batailles les plus féroces qui faisait alors rage, et des milliers de Canadiens y ont perdu la vie. Maxine, qui vient de fêter ses 96 ans, travaillait dans un hôpital de guerre au département de chirurgie. Les amputations, les grands brûlés, elle n'a depuis jamais oublié tous ces blessés qu'elle a soignés et tout ce qu'elle a vécu en Angleterre et en Italie. Très impliquée auprès des Anciens Combattants, Maxine a pu assister mercredi aux cérémonies du jour du Souvenir à Ottawa.

Maxine Bredt, l'une de ces Canadiennes enrôlées dans l'armée canadienne en tant qu'infirmière. Photo :Catherine François

LE TRAVAIL

Pendant que des femmes s'enrôlaient dans l'armée et partaient pour l'Europe, celles qui restaient au pays se sont mises au travail. Le travail dans les champs et dans les fermes, bien sûr, mais surtout dans des usines liées à l'effort de guerre, et ce, durant les deux conflits.

Pendant la Seconde Guerre, elles ont été plus de 300 000 à travailler dans des compagnies qui étaient liées à l'effort de guerre : fabrication de munitions, d'avions de chasse, de fusils...

Photo :Catherine François

En Ontario, l'usine de la Canadian Car and Foundry de Fort William comptait 40 % de femmes parmi son personnel. Elsie Gregory MacGill y était ingénieure aéronautique en chef et supervisait la construction d'avions.

La quasi-totalité de ces femmes ont été licenciées à la fin de la guerre, car il fallait redonner du travail aux hommes qui revenaient du conflit. Mais le changement qui venait de s'amorcer était sans retour : les femmes venaient de mettre le pied sur le marché du travail, et elles allaient y retourner dans les décennies qui suivront.

Ces deux grandes guerres ont donc enclenché un processus qui a été irréversible et qui a provoqué l'un des plus importants changements dans nos sociétés : la femme au travail.

Photo :Catherine François

L'ATTENTE

L'exposition présente également des documents qui témoignent de l'attente et des pertes qu'ont vécues ces mères, sœurs, épouses. Lettres, télégrammes annonçant les décès, photos, autant de témoignages poignants pour illustrer l'horrible réalité de la guerre. Plus de 115 000 Canadiens ont perdu la vie dans ces deux conflits.

Des histoires tragiques, comme celle de Minnie Jarvis Smith, qui devait épouser le lieutenant Evan James après la guerre. Il lui a envoyé un morceau de dentelle en provenance d'Europe, et elle a appris un mois plus tard qu'il était mort au combat. Elle a gardé ce morceau de dentelle pendant 62 ans dans une enveloppe.

Photo :Catherine François

Cette exposition rend hommage à ces héroïnes de l'ombre qu'ont été toutes ces Canadiennes qui ont contribué, de près ou de loin, à l'effort de guerre de leur pays.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine