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Les Canadiens pourront désormais suivre en direct sur le web les promesses de Trudeau

Le gouvernement libéral a lancé mardi matin un outil Internet qui permettra aux citoyens de suivre l'évolution et la réalisation des dizaines de promesses faites par le gouvernement Trudeau aux Canadiens.

Cet outil destiné à quantifier par des données chiffrées la capacité du gouvernement à remplir ses promesses, prend la forme d’un compte-rendu en ligne qui mesure l’avancement de chacun des engagements pris par le gouvernement de Justin Trudeau depuis son élection, en 2015.

Pour mettre au point cet outil, le gouvernement fédéral a compilé l’ensemble des promesses qu’il a faites à partir des lettres de mandat qu’a reçues du premier ministre chacun de ses ministres, a appris CBC.

Selon le site Internet baptisé « Suivi des lettres de mandat : livrer des résultats pour les Canadiens », le gouvernement recense 364 promesses faites aux électeurs depuis son arrivée au pouvoir.

De ce nombre, le gouvernement Trudeau estime en avoir réalisé 66 jusqu’ici.

Les promesses qui ont été remplies au-delà des délais initialement prévus portent la mention « complété terminé ». C’est le cas notamment de la promesse d’accueillir 25 000 réfugiés syriens au pays avant le 31 décembre 2015 alors que l’objectif n’a été atteint qu’en février 2016.

Les promesses considérées comme non tenues apparaissent quant à elle avec la mention « N’est plus envisagé ».

Seules trois promesses sur les 364 initiales « ne sont plus envisagées » et ne seront donc pas réalisées, soit celle sur la réforme électorale, sur l’abolition de la TPS sur les nouveaux investissements dans les logements locatifs à prix abordable ainsi que sur le congé de contribution à l’assurance emploi de 12 mois pour les entreprises qui embauchent de jeunes travailleurs.

Les autres promesses en attente d’être réalisées sont généralement catégorisées dans la mention « En cours – en voie ». On compte actuellement 218 engagements dans cette catégorie.

Les promesses dont la réalisation semble improbable ou hors des délais prescrits se retrouvent quant à elle dans la catégorie « En cours – avec défi ».

Parmi les 13 promesses qui entrent dans cette appellation se trouvent, entre autres, les promesses d’ « Équilibrer le budget à long terme et continuer à réduire le ratio dette-PIB » ainsi qu’« Améliorer les infrastructures physiques pour les communautés autochtones, notamment en matière de logement » ou encore « Lancer un appel d'offres ouvert et transparent pour le remplacement du chasseur CF-18 ».

Enfin, 21 engagements sont considérés comme « permanents », par exemple promouvoir les droits de la personne, faire du Canada un chef de file dans la lutte contre les changements climatiques ou encore générer de la croissance économique et créer des emplois au Canada.

Bienvenue dans l'univers de la « delivrology »

À l’aide de cette approche quantitative des performances de leur gouvernement, les libéraux prévoient dans un deuxième temps utiliser cet outil pour faire le suivi de leurs promesses et ultimement déterminer si elles auront ou non contribué à l’amélioration du bien-être au pays.

Cette démarche du gouvernement Trudeau s’inscrit dans le cadre d’une école de pensée britannique baptisée « delivrology » qui se concentre sur la mesure des résultats « réels » engendrés par la réalisation des promesses et les politiques d’un gouvernement.

Développée par Michael Barber, conseiller du gouvernement travailliste de Tony Blair, au Royaume-Uni, cette approche vise à recueillir des données régulières et les plus fiables possible sur les changements qu’engendrent les décisions du gouvernement dans la société qu’il dirige. En termes simples, la « livraisonlogie » se veut l'art de livrer la marchandise en politique.

Questionné sur la philosophie de gestion de son gouvernement en mai 2016, Justin Trudeau avait alors expliqué que son gouvernement consacre beaucoup d’énergie, et un budget de 20 millions de dollars, pour mesurer l’impact de ses politiques de façon à pouvoir mesurer leur efficacité réelle et si la vie des citoyens visés par ces mesures s’est améliorée ou non au fil des ans.

Afin de mesurer l’effet de ses décisions, le gouvernement a créé une « unité de résultats et de prestation » au bureau du Conseil du privé et doté chaque ministère d’un responsable des résultats et de la prestation des services ainsi que d’un responsable des données pour alimenter le système de mesure du gouvernement Trudeau.

Selon CBC, les données recueillies seront notamment utilisées pour mesurer les progrès accomplis ou non dans des domaines comme la pauvreté des enfants, le logement, la sécurité de la retraite, l'accès à Internet haute vitesse ou les avis d'ébullition de l'eau sur les communautés autochtones.

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