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Les Canadiens réticents à dénoncer les agressions sexuelles

Les Canadiens ont déclaré avoir subi plus de 635 000 agressions sexuelles en 2014, selon l'Enquête sociale générale sur la sécurité des Canadiens, et la grande majorité des victimes (87 %) de ces agressions autodéclarées étaient des femmes alors que la quasi-totalité (94 %) des auteurs de ces violences était des hommes.

Bien que les deux autres types de crimes violents recensés par l’ESG – les vols qualifiés et les voies de fait – ont diminué respectivement de 39 % et de 35 % au cours des 10 années précédentes, le taux d’agressions sexuelles est demeuré stable à 22 agressions par tranche de 1000 Canadiens.

La police tenue à l’écart

De plus, en dépit d’un taux d’agressions sexuelles stable, le nombre de dénonciations aux services de police a chuté de 20 % au cours de la même période (2004-2014). Une seule personne sur 20 a signalé son agression sexuelle aux services de police en 2014, une tendance stable au cours de la période.

La tendance à considérer le délit comme anodin, ne méritant pas d’être signalé à la police, est la raison la plus souvent évoquée (71 %) pour expliquer l’absence de plainte. Les victimes ont également tendance à considérer comme de nature privée ou personnelle (63 %) ce type de crime et il privilégie le règlement de la situation de façon informelle.

Les victimes banalisent aussi le délit en prétendant que personne n’a été blessé au cours de l’événement (63 %).

Les victimes sont également réticentes au simple fait de communiquer avec des policiers (45 %) et elles sont également nombreuses (43 %) à estimer que la police aurait jugé l’incident anodin (43 %). Le manque de preuve (43 %) et l’impression que l’agresseur n’aurait pas été puni de façon adéquate à la fin du processus judiciaire (40 %) sont également des raisons invoquées par les victimes pour expliquer l’absence de dénonciation.

Les hommes (5 victimes pour 1000 Canadiens) sont beaucoup moins susceptibles d’être victime d’une agression sexuelle que les femmes (37 pour 1000).

Les personnes qui ont subi des violences de la part d’un adulte au cours de leur enfance sont deux fois plus susceptibles de subir une agression sexuelle que les autres, selon l’ESG. Les victimes de violence avant l’âge de 15 ans affichent ainsi un taux de victimisation de 36 pour 1000 par rapport à un taux de 15 pour 1000 pour les autres Canadiens.

La presque totalité des agressions sexuelles autodéclarées ont été commises par une autre personne que le conjoint ou la conjointe de la victime (96 %).

Les agresseurs sont majoritairement des hommes (94 %), agissant seuls (79 %) et ils sont âgés de moins de 35 ans (68 %). Ils ont également plus souvent un ami, une connaissance ou un voisin de la victime (52 %) qu’un étranger (44 %).

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