Des cochers et propriétaires de calèches ont manifesté devant l'hôtel de ville de Montréal mardi, première journée d'application du moratoire d'un an sur les calèches dans le Vieux-Montréal. Par ailleurs, un propriétaire annonce qu'il intentera un recours judiciaire

La nouvelle de l'interdiction a terrassé Judy Waldon, porte-parole de la fondation de l'écurie urbaine Horse Palace de Griffintown. « Le 1er jour, j'étais sous le choc », a déclaré la cochère originaire du Manitoba, qui oeuvre dans le métier depuis 32 ans. « Le 2e, je ne faisais que pleurer. Je ne pouvais m'arrêter. C'est comme une mort dans la famille. »

Pour sa part Jack Fazio, cocher depuis 10 ans, se demande ce qui arrivera à ses collègues, ainsi qu'à son ami équin Maximus, « avec qui il passe 7 jours sur 7.« Qu'allons-nous faire : aller sur l'aide sociale, sur l'assurance-emploi? C'est notre gagne-pain », a-t-il relevé.

Le cocher Pierre Losier, lui, n'espère rien de l'assurance-emploi ni d'une compensation pour son manque de revenu. « C'est pas une compensation que je veux, c'est continuer de travailler », a soutenu celui qui rappelle que les calèches sont très populaires auprès des Montréalais, pas seulement des touristes.

Pas de « bon moment », selon Coderre

Cochers et propriétaires de calèches dénoncent l'imposition du moratoire qui, avec une semaine d'avis, les prive de leur gagne-pain pour une saison complète, le temps que la Ville élabore une nouvelle réglementation.

En mêlée de presse en après-midi, le maire a parlé d'une décision réfléchie, prise à la suite de reportages « très inspirants » en avril sur les soins et la sécurité des chevaux. « L'industrie a été négligente, a dit Denis Coderre. Ce n'est pas la première fois, et on a raffermi les règlements. Il y a des choses qui ne sont pas adéquates à mon avis. »

Demande d'injonction

En entrevue à ICI RDI, le propriétaire de l'entreprise Les Calèches Lucky Luc, Luc Desparois, a indiqué qu'une demande d'injonction contre la Ville devrait être déposée aujourd'hui en prévision d'une comparution mercredi. « Mon avocat a travaillé toute la fin de semaine là-dessus », a-t-il déclaré.

M. Desparois réfute d'ailleurs les arguments de sécurité invoqués par l'administration du maire Coderre. « Il y a eu des inspections sans arrêt depuis des semaines. Les chevaux sont vérifiés et sont en santé parfaite », a-t-il fait valoir.

Avec l'adoption d'une nouvelle réglementation au printemps 2017, la fonction de cocher sera alors officialisée. De plus, un centre d'interprétation et des écuries seront créés pour assurer le bien-être des chevaux. Quant à la sécurité des Montréalais, M. Desparois estime qu'elle n'est pas menacée par les calèches, malgré les événements survenus l'an dernier.

L'homme d'affaires, qui possède 25 chevaux, estime que la Ville lui voue une attention démesurée. Il se plaint d'avoir reçu neuf contraventions, dont six « pour des calèches qui sont sales » et une autre « pour un bracelet qui est tombé de la patte d'un cheval », des infractions qu'il juge anodines.

M. Desparois met au défi les autorités de trouver des irrégularités dans son écurie. « L'écurie suit toutes les normes nouvellement établies par la Ville », affirme-t-il. Il déplore les changements de réglementation qui lui ont causé des ennuis depuis ses débuts dans l'industrie, lorsqu'un ami lui a prêté de l'argent pour acheter son premier cheval.

Le propriétaire des calèches Lucky Luc soutient que toute la controverse est née sur la base de mensonges colportés par les médias. « Je me suis fait conseiller de ne pas parler, parce que ça allait se calmer, ajoute-t-il. Ce fut une erreur parce que ce sont des mensonges. »

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