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Les conservateurs critiquent la « naïveté » de Trudeau vis-à-vis de la Syrie

« Dangereusement naïf », pas assez « strict », « mal à l'aise » : l'opposition conservatrice ne manquait pas d'épithètes vendredi pour qualifier l'attitude de Justin Trudeau, au lendemain des frappes américaines en Syrie. Les conservateurs reprochent au premier ministre de n'avoir pas, dès le début, pris une position plus ferme vis-à-vis du régime de Bachar Al-Assad.

Le député conservateur Pierre Poilievre rappelle qu'à New York, jeudi, Justin Trudeau s'était gardé de condamner le président syrien pour les attaques au gaz chimique perpétrées contre la ville de Khan Cheikhoun, dans le nord de la Syrie, mardi.

Face à ce raid aérien qui a fait 80 morts, dont des enfants, Justin Trudeau avait promis que le Canada s'impliquerait dans le processus d'enquête des Nations unies destiné à punir éventuellement les coupables de ce geste.

Or vendredi, Justin Trudeau a fait ce que l'opposition appelle « une volte-face » : il a exprimé son soutien à Washington tout en appelant à une solution diplomatique pour résoudre ce conflit. Durant la période des questions à la Chambre des communes, le premier ministre a révélé s'être entretenu le matin même avec le président Donald Trump, dont il approuve la décision d'avoir ordonné « des frappes limitées et ciblées » en Syrie.

Aux yeux des conservateurs, ce revirement illustre que le premier ministre manque de fermeté en matière de politique étrangère. Le PCC souhaite qu'Ottawa manifeste clairement son opposition à Damas et aussi à Moscou, indéfectible allié d'Al-Assad.

« Quand le premier ministre cessera-t-il d'être aussi dangereusement naïf et confrontera-t-il ce dictateur et ce tyran? », a demandé Pierre Poilièvre en point de presse, faisant référence au président Al-Assad.

Ottawa n'a pas été mis dans le coup, dit le PCC

Les conservateurs estiment que le gouvernement Trudeau a été placé devant le fait accompli, n'ayant été avisé par Washington qu'une heure avant les frappes. Signe, disent-ils, que le Canada a été exclu du processus décisionnel. « M. Trudeau n'a pas eu le choix de dire : ''On est d'accord avec les partenaires américains'' », a déclaré le conservateur Pierre Paul-Hus, qui considère que le premier ministre est « mal à l'aise ».

M. Paul-Hus note aussi l'insistance de Justin Trudeau à saluer le fait que les frappes menées par Washington sont « limitées et ciblées ». De l'avis du député de Charlesbourg, c'est un signe que Justin Trudeau n'est pas prêt à « aller plus loin que ça ».

Le PCC considère par ailleurs que les Nations unies se sont montrées « terriblement inefficaces » dans leurs actions pour mettre un terme au conflit syrien. Et ils reprochent à Justin Trudeau de penser le contraire. Le Canada et les États-Unis sont les deux principaux bailleurs de fonds de l'organisation onusienne qui enquête sur l'utilisation d'armes chimiques.

Pierre Poilievre presse le gouvernement libéral de ne pas attendre une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour agir dans le dossier syrien. Car, fait-il valoir, la Russie - alliée de la Syrie - détient un droit de veto au Conseil de sécurité.

Le NPD, inquiet du plan à long terme

Le Nouveau parti démocratique (NPD) ne condamne ni n'applaudit les tirs de missiles américains et souligne qu'ils ont eu lieu sans l'aval de l'ONU.

Les néo-démocrates se demandent si l'intervention américaine en Syrie s'inscrit dans une plus vaste stratégie.

Et pour dénouer la crise, les néo-démocrates réclament une réponse multilatérale impliquant les Nations unies, mais aussi « d'autres possibilités ».

« Le premier ministre va-t-il insister que l'appui du Canada est conditionnel à une approche multilatérale? », a demandé le leader des néo-démocrates à la Chambre, Murray Rankin. « Nous ne savons pas quel est le plan à long terme, a-t-il déclaré. Nous ne savons pas quels types d'informations le premier ministre a, ou n'a pas. »

Des actions prématurées, dit le Bloc québécois

La chef du Bloc québécois et députée indépendante à l'Assemblée nationale, Martine Ouellet, fait bande à part.

Elle s'est déplacée à Ottawa dans le seul but de réagir aux frappes américaines qu'elle juge prématurées tant que l'ONU n'aura pas enquêté sur l'origine de l'attaque chimique de mardi en Syrie. Mme Ouellet rappelle qu'en 2013, une autre attaque chimique perpétrée par les rebelles djihadistes avait d'abord été attribuée au régime de Bachar Al-Assad.

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