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Les conservateurs d’Andrew Scheer en mode séduction au Québec

Cette fin de semaine, les députés et les militants conservateurs du Québec participeront à leur tout premier conseil général. Le parti, qui veut profiter des difficultés du NPD et du Bloc québécois pour faire des gains au Québec, mène depuis quelques mois une opération charme auprès des électeurs de la province.

Un texte de  Raphaël Bouvier-Auclair

En analysant les derniers résultats électoraux dans la circonscription fédérale de Saint-Hyacinthe-Bagot, difficile de penser qu’elle peut être attirante pour le Parti conservateur.

En 2015, le candidat de la formation politique a terminé en quatrième position, avec environ 17 % des voix.

« Depuis 1993, nous n’avons pas eu de conservateur. Ça fait presque 25 ans. Nous sommes dus », lance le président de l’association de circonscription, Jean-Guy Brillon.

Ce militant de longue date n’est pas seul à vouloir renverser la tendance.

Saint-Hyacinthe, où se tiendra le conseil général de la fin de semaine, fait partie de ces circonscriptions québécoises dans lesquelles les conservateurs souhaitent des victoires en 2019.

Opération charme

Depuis quelques mois, Andrew Scheer et ses députés multiplient les efforts dans la province.

En plus du conseil général de la fin de semaine, les conservateurs mènent des consultations pour mieux connaître les priorités des Québécois.

Le chef Andrew Scheer s’est même rendu sur le plateau de Tout le monde en parle , là où son prédécesseur Stephen Harper a toujours refusé de se présenter.

L’opposition officielle veut profiter d’un contexte politique qu’elle juge favorable, avec les faibles performances du NPD aux élections partielles et surtout la crise au Bloc québécois.

Le parti fait tout de même face à son lot de défis.

À Tout le monde en parle, Andrew Scheer a dû répéter que s’il était élu, il ne comptait pas rouvrir certains débats sensibles, malgré ses positions personnelles sur l’avortement et le mariage gai.

Puis, le chef, élu il y a un peu moins d’un an, demeure peu connu au Québec.

Au marché public de Saint-Hyacinthe, les citoyens que nous avons rencontrés connaissaient son nom, sans plus.

Des enjeux ciblés

Mais pour convaincre ces électeurs en 2019, les conservateurs ne comptent pas que sur leur chef. Ils misent aussi sur Justin Trudeau et son bilan qui fait des mécontents.

« Le problème du cannabis, ça n’a aucun bon sens. Les décisions qu’Ottawa prend sans le consensus avec les provinces, ça n’a aucun bon sens non plus », lance une électrice.

En Chambre et dans les médias, les troupes d’Andrew Scheer multiplient les attaques à propos de ce thème, mais aussi de la gestion de l’arrivée de demandeurs d’asile à la frontière.

Ces efforts conservateurs porteront-ils leurs fruits? Il sera possible d’en avoir une idée avant même le scrutin de 2019. Une élection partielle doit être déclenchée sous peu dans la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord.

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